Sénégal : Ousmane Sonko explique le retrait du Pastef du gouvernement

Au Sénégal, la scène politique est marquée par les explications d’Ousmane Sonko concernant le retrait du Pastef de la nouvelle équipe gouvernementale. L’ancien Premier ministre a détaillé les motifs de cette décision suite à l’annonce de la composition du cabinet par son successeur, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô.

Les discussions entre le leader du Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye ont achoppé sur des points fondamentaux du programme politique et sur la répartition des responsabilités au sein de l’exécutif. Pour Ousmane Sonko, les garanties demandées sur des dossiers cruciaux comme la reddition des comptes, la réforme de la justice et la révision des contrats stratégiques n’ont pas été obtenues.

Des réponses jugées insuffisantes sur l’économie et la justice

Le point de rupture semble se situer dans la gestion de la dette nationale et le rapport avec les institutions internationales. Ousmane Sonko a exprimé ses doutes après avoir interrogé le chef de l’État sur d’éventuels engagements pris auprès du FMI. Selon lui, les positions présidentielles sur le pouvoir d’achat et la vérité des prix des produits subventionnés restent floues.

« Toutes ces réponses sont en demi-teinte », a affirmé le dirigeant politique, ajoutant que la vision du président sur l’excellence du système judiciaire actuel ne correspond pas aux aspirations de réforme portées par son mouvement. Cette quête de souveraineté africaine et de transparence semble être au cœur du désaccord.

Une exigence de représentativité non satisfaite

Outre le programme, la structure même du gouvernement a posé problème. Ousmane Sonko a révélé avoir exigé que le Pastef dispose d’au moins la moitié des portefeuilles ministériels pour garantir l’application de sa ligne politique. Or, la nouvelle équipe ne compte que cinq membres issus de sa formation, une présence que le parti ne reconnaît d’ailleurs pas officiellement.

Malgré ces tensions et ce qu’il qualifie de manque de légitimité de la nouvelle équipe, le leader du Pastef a précisé qu’il n’envisageait pas de déposer de motion de censure dans l’immédiat. Il adopte une posture de vigilance, affirmant que le peuple africain observe cette transition, tout en précisant qu’il ne passera à l’offensive que si son camp est directement visé.