Somdia quitte la Sosucam : ce que le président ignore
Le géant sucrier Somdia a pris la décision de se retirer de la Sosucam, malgré les engagements pris auprès du chef de l’État camerounais. Derrière ce choix stratégique se cachent des réalités bien différentes des discours officiels.
« Après le retrait de Somdia de la Sosucam, malgré les promesses de Pierre Castel au président camerounais, certains acteurs influents ont orchestré une campagne médiatique pour justifier ce départ en évoquant des conflits familiaux, alors qu’en réalité, le groupe s’installe en Côte d’Ivoire », explique Albin Njilo.
Selon lui, Somdia n’a pas quitté le Cameroun par hasard : le groupe vient de signer un accord avec la Côte d’Ivoire pour investir 100 milliards de FCFA dans l’industrie sucrière ivoirienne. La situation au Cameroun était devenue intenable pour le géant sucrier, victime d’une politique opaque de distribution des licences d’importation de sucre. Ces licences, attribuées à des proches du régime, ont inondé le marché de sucre à bas prix, rendant impossible la vente des productions locales de la Sosucam.
Malgré les efforts de Somdia, qui a injecté 4,5 milliards de FCFA en 2025 pour tenter de maintenir sa compétitivité, rien n’y a fait. Les importations de sucre ont atteint 125 milliards de FCFA sur l’année. Pire encore, certains importateurs, souvent des prête-noms liés à des figures du pouvoir, bénéficient de régimes douaniers avantageux. Leur stratégie ? Importer du sucre officiellement destiné au marché local, puis le revendre dans les pays voisins. Une partie de ce sucre est actuellement stockée dans les entrepôts du terminal ferroviaire de Ngaoundéré, bloquée depuis que le Tchad a rétabli ses barrières douanières sur les importations en provenance du Cameroun. Pourtant, ce sucre finit par revenir sur le marché camerounais, aggravant la crise.
Pourquoi la Côte d’Ivoire attire-t-elle Somdia ?
En Côte d’Ivoire, contrairement au Cameroun, les licences d’importation ne sont pas distribuées à des proches du pouvoir. Le gouvernement ivoirien évalue d’abord le déficit de production avant d’autoriser les producteurs à importer des quotas précis. Seuls les acteurs locaux du secteur sucrier bénéficient de ces autorisations en cas de pénurie.
Soyez le premier à réagir à cet article

Réactions