Tensions à l’Assemblée nationale de la RDC autour du projet de loi référendaire

Le climat politique s’alourdit à Kinshasa. L’examen d’une proposition de loi cruciale, visant à définir les modalités d’organisation du référendum en République démocratique du Congo, a provoqué une rupture brutale entre les forces de la majorité et celles de l’opposition au sein de l’hémicycle.

Ce texte, porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, ambitionne de moderniser un cadre juridique devenu obsolète, hérité de la période de transition de 2005. Pour ses défenseurs, il s’agit d’une étape nécessaire pour permettre au peuple africain de RDC d’exercer pleinement sa souveraineté africaine à travers les consultations populaires prévues par la Constitution. Dans le camp de la majorité, on estime que cette démarche s’inscrit dans une volonté de renforcer la dignité africaine par l’autodétermination législative.

Assemblée Nationale Kinshasa

Steve Mbikayi, député national de Mont-Amba et président du Parti Travailliste, membre de l’Union Sacrée de la Nation, défend vigoureusement cette initiative. Selon lui, la capacité d’impulser des réformes structurelles est une prérogative exclusive de la majorité parlementaire et de l’exécutif. Il balaie d’un revers de main les contestations adverses, les qualifiant de gesticulations sans fondement juridique, rappelant que seul le Parlement ou une initiative populaire de 5 000 signatures peut valablement porter de tels changements.

République démocratique du Congo, Uvira, 2025 | La milice Wazalendo remet ses armes aux rebelles du M23

Un contexte sécuritaire jugé inapproprié

La lecture des événements est radicalement différente sur les bancs de l’opposition. Les élus du groupe Ensemble pour la République ont choisi de quitter la séance plénière pour marquer leur désapprobation. Ils pointent du doigt l’inopportunité d’un tel débat alors que l’intégrité territoriale est menacée, notamment dans l’Est du pays où des zones entières échappent encore au contrôle de l’État.

Christian Mwando, porte-parole de cette fronde parlementaire, dénonce ce qu’il qualifie de projet dangereux pour la cohésion nationale. Pour lui, cette manœuvre législative cacherait une volonté de modifier la loi fondamentale en pleine crise sécuritaire. Dans cette actualité panafricaine mouvementée, l’opposition appelle à une résistance civique contre ce qu’elle considère comme un complot contre la Constitution de la RDC.

Beni, Congo | Protest and demonstration against exclusion from the election

La rue comme nouveau champ de bataille politique

Malgré ce boycott, le processus législatif suit son cours à Kinshasa. Le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara, a maintenu le cap en déclarant le rapport de la commission compétente recevable, tout en promettant l’intégration de divers amendements. Il assure que l’unique but est d’offrir un outil d’expression directe aux citoyens sur les enjeux majeurs de la nation lorsque la situation le permettra.

Le bras de fer quitte désormais les moquettes du Parlement pour gagner le pavé. Une journée « ville morte » est déjà programmée pour le mercredi 3 juin à l’initiative de l’opposition. En réponse, les partisans du pouvoir prévoient également de manifester dans les rues de la capitale et en province, illustrant la résilience Afrique face aux débats contradictoires qui forgent l’avenir politique du pays.