Tensions au Niger : le pouvoir dénonce l’implication de la France après l’assaut de Niamey

Un raid militaire contre la base aérienne de Niamey

Les autorités nigériennes durcissent le ton face à Paris. Suite à une offensive violente contre l’aéroport de Niamey, le général Abdourahamane Tiani a publiquement mis en cause la France ainsi que certains dirigeants d’Afrique de l’Ouest. Cette actualité panafricaine souligne une fracture de plus en plus profonde entre le Niger et ses anciens partenaires.

Durant la nuit de mercredi à jeudi, un contingent qualifié de « mercenaires télécommandés » par le gouvernement a tenté de prendre le contrôle de la base aérienne 101. La riposte des forces de défense, soutenue par des instructeurs russes, a été immédiate. Le bilan communiqué fait état de vingt assaillants neutralisés, parmi lesquels figurerait un ressortissant français, tandis que onze autres individus ont été capturés.

Des accusations directes contre Paris, le Bénin et la Côte d’Ivoire

Dans une allocution empreinte de dignité africaine, le chef de la junte a nommé Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara comme les instigateurs de cette opération. Affirmant la pleine souveraineté africaine du pays, le général Tiani a salué le professionnalisme des forces locales et de l’allié russe dans la sécurisation du périmètre stratégique de la capitale.

Cette image satellite montre la zone militaire de l'aéroport de Niamey au Niger.

Uranium et bases stratégiques : les enjeux du conflit

L’aéroport de Niamey n’est pas qu’une simple infrastructure civile. C’est un centre névralgique abritant des équipements de surveillance de pointe et le quartier général de la force conjointe unissant le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Au-delà de l’aspect militaire, le site est le lieu de stockage d’environ 1 000 tonnes d’uranium.

Cette précieuse cargaison est au cœur d’un bras de fer avec le géant nucléaire français Orano, qui accuse l’État nigérien d’expropriation illégale. Malgré la thèse officielle du mercenariat, de nombreux observateurs privilégient d’ordinaire la piste des groupes terroristes comme le JNIM ou l’EIS. Toutefois, l’absence de revendication djihadiste renforce la position de la junte, qui appelle le peuple africain à la vigilance et à la résilience Afrique face aux ingérences extérieures.