Le 26 juin 2025, il y a exactement un an, le Togo a été frappé par l’un des drames les plus marquants des manifestations qui ont agité le pays. Ce jour-là, Jacques Koami Koutoglo, âgé de seulement 15 ans, a perdu la vie dans des conditions qui continuent de susciter indignation et interrogations. Selon de nombreux témoignages rapportés par ses proches et des organisations de la société civile, son corps aurait été retrouvé dans la lagune après les événements.
Au-delà de la tragédie humaine, cette affaire est devenue le symbole des accusations de violences perpétrées contre des civils lors des mobilisations populaires. Pour de nombreux observateurs, la mort d’un mineur en plein mouvement de contestation constitue un rappel brutal du coût humain des tensions politiques persistantes au Togo.
Cependant, pour la famille de Jacques, la souffrance ne s’est pas arrêtée à sa disparition. Quelques semaines après son décès, les autorités auraient refusé d’autoriser une messe commémorative pour le 40ᵉ jour de sa mort, prévue le 8 juillet 2025. Cette décision a profondément choqué ses proches, qui y ont vu une atteinte à leur droit de faire leur deuil dans la dignité.
Pour de nombreux Togolais, empêcher une famille d’honorer la mémoire de son enfant revient à prolonger son calvaire. Car, au-delà des divergences politiques, le droit de pleurer un proche et de lui rendre hommage relève des libertés fondamentales et du respect de la dignité humaine.
Un an plus tard, le nom de Jacques Koami Koutoglo demeure associé aux revendications de vérité, de justice et de lutte contre l’impunité. Sa disparition continue d’alimenter les appels en faveur d’enquêtes indépendantes sur les violences ayant entouré les manifestations de juin 2025, ainsi que la détermination des responsabilités.
Pour beaucoup, aucune réconciliation durable ne pourra être envisagée tant que les familles des victimes n’auront pas obtenu de réponses sur les circonstances exactes de ces décès et que justice ne sera pas rendue. Lorsqu’un enfant perd la vie dans un contexte de contestation politique, c’est toute une nation qui est appelée à s’interroger sur la protection des droits fondamentaux et sur la responsabilité des détenteurs du pouvoir.
