Traque d’Iyad Ag Ghaly : le Mali promet des milliards pour la capture des chefs terroristes

Dans une démarche forte pour la souveraineté africaine et la sécurité nationale, les autorités du Mali ont officiellement mis à prix la tête d’Iyad Ag Ghaly. Une récompense colossale atteignant 2 milliards de FCFA est désormais offerte pour la capture du leader du JNIM. Cette annonce vise également plusieurs de ses lieutenants, tous suspectés d’implication directe dans des réseaux terroristes. Cette offensive judiciaire et financière intervient quelques semaines après les assauts violents ayant frappé les localités de Kidal et Kati.

Iyad Ag Ghaly.

Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, dirigé par le général Daoud Aly Mouhammedine, a exhorté le peuple africain et les citoyens maliens à coopérer étroitement avec les forces de défense. L’objectif est de localiser sept individus identifiés comme des périls majeurs pour l’intégrité du territoire.

Les détails des primes offertes par Bamako

Marché

Le gouvernement a précisé que toute information crédible permettant de neutraliser ou d’appréhender ces cibles donnera lieu à une compensation financière importante. En tête de liste, Iyad Ag Ghaly, figure de proue du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), voit sa capture valorisée à 2 milliards de francs CFA.

D’autres responsables de premier plan sont également visés par ces mesures :

  • Amadou Koufa et Abdoulaye Mohamed (alias Habib), cadres de la katiba Macina : 1,5 milliard de francs CFA chacun.
  • Algabas Ag Intallah, figure du Front de libération de l’Azawad (FLA) : 1 milliard de francs CFA.
  • Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, également du FLA : 500 millions de francs CFA par tête.

Ces décisions font suite aux tragiques événements du 25 avril, marqués par des attaques coordonnées du JNIM et du FLA, au cours desquelles le ministre de la Défense, Sadio Camara, a perdu la vie.

Parcours d’Iyad Ag Ghaly : de la rébellion au djihadisme

Le 7 août 2012, à l'aéroport de Kidal, dans le nord du Mali, Iyad Ag Ghaly, chef du groupe islamiste Ansar Dine, attend le ministre burkinabé des Affaires étrangères, chargé de trouver une solution à l'état d'urgence qui dure depuis vingt semaines et qui a vu les islamistes s'emparer du nord du Mali. Ghaly, partisan de l'instauration de la charia au Mali, s'est engagé le 7 août à soutenir les efforts de médiation régionale pour résoudre la crise politique dans ce pays d'Afrique de l'Ouest en proie au chaos.

Originaire de Boghassa dans la zone de Kidal, Iyad Ag Ghaly est un acteur central des conflits sahéliens depuis des décennies. Ancien membre des légions de Mouammar Kadhafi en Libye, il a participé à des combats au Tchad et au Liban avant de revenir au Mali pour diriger le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA) au début des années 1990.

Après une phase de paix relative, son virage vers l’extrémisme religieux s’accélère en 2007 avec ses liens avec le GSPC, devenu AQMI. En 2012, il fonde Ansar Dine, puis en 2017, il prend la tête du GSIM, fédérant plusieurs factions sous la bannière d’Al-Qaïda. Désormais considéré comme l’ennemi public numéro un, il a adopté une stratégie de harcèlement économique, visant à isoler Bamako en sabotant les infrastructures vitales et les axes de ravitaillement.

Recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, son organisation continue de déstabiliser le Mali, le Niger et le Burkina Faso, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). En parallèle de cette traque, les autorités ont durci les mesures de sécurité intérieure en interdisant la circulation des motos de grosse cylindrée et en suspendant l’importation de ces véhicules pour une durée d’un an, afin de limiter la mobilité des groupes armés.