Après Franck Biya, un autre fils du président Paul Biya se positionne pour la vice-présidence, selon des indiscrétions politiques.
Louis Paul Motaze, cousin de Franck Biya, profiterait d’un revirement des élites du Sud, qui auraient fait savoir au chef de l’État leur opposition à la candidature de Franck. L’influence de ces élites dans l’administration publique camerounaise est bien connue. Ce stratège discret tisse sa toile depuis des années et se prépare à succéder à son père.
Ancien directeur général de la CNPS, ministre de l’Économie, secrétaire général de la présidence, puis ministre des Finances, Motaze est considéré comme l’homme le plus puissant après Paul Biya en termes de réseau. Il contrôle la presse et les médias télévisés, et entretient des liens étroits avec les chefs traditionnels de l’Ouest, notamment Nayang Toukam Innocent, qui a organisé sur ses terres des rencontres de chefs traditionnels africains. Il y a cinq ans, Motaze s’est rendu au palais royal de Batoufam avec une délégation comprenant le patron de Biopharma.
Batoufam
« Il contrôle la presse — pour preuve, citez un seul média qui le critique —, il contrôle les médias télévisés et il est fortement connecté au milieu des affaires dans toutes les régions du pays, principalement à l’Ouest. Ses rapports avec les chefs traditionnels de l’Ouest sont stratégiques. Parmi ses pions figure le très charismatique Nayang Toukam Innocent, dont le leadership lui aura permis d’organiser sur son sol les rencontres des chefs traditionnels d’Afrique ; il reçoit d’ailleurs constamment des réunions sectorielles du gouverneur de la région de l’Ouest. Louis Paul Motaze l’a rencontré personnellement dans le palais royal de Batoufam il y a 5 ans, accompagné d’une délégation au sein de laquelle se trouvait l’homme d’affaires et patron de Biopharma. Ce chef a fait de Batoufam la 20e destination d’écotourisme au monde par l’Organisation Internationale du Tourisme Social », analyse un observateur.
Véritable stratège, Motaze s’est éloigné de l’homme d’affaires Amougou Belinga après le scandale de l’assassinat de Martinez Zogo. On lui reconnaît de ne pas être attaché au tribalisme, même dans son entourage intime. Son bilan depuis 2007, date de son entrée au gouvernement via le MINEPAT, reste à examiner. Face à lui, son cousin Franck Biya, protégé de la première dame Oswald Baboke, et Ferdinand Ngoh Ngoh, décrit comme peu généreux, contrairement à ce que laisse entendre l’entourage de Motaze. Franck Biya inspirerait une certaine froideur auprès de la jeunesse du Sud, selon des sources proches du dossier.