yam’na : le Gabon mise sur les jeunes talents pour son avenir industriel
Libreville — Le Gabon écrit une nouvelle page de son développement industriel en misant sur la formation des jeunes Gabonais. Avec la troisième édition du programme Yam’NA, lancé conjointement par Eramet Comilog et SETRAG, le pays franchit une étape décisive dans sa quête d’autonomie économique et de valorisation locale de ses ressources naturelles.
une formation ciblée pour des secteurs stratégiques
Lancé officiellement le 10 juillet dernier, ce dispositif ambitieux attribue cinquante nouvelles bourses d’études aux bacheliers gabonais pour l’année universitaire 2026-2027. Contrairement aux éditions précédentes, cette nouvelle mouture élargit son champ d’action en ciblant des domaines clés pour l’avenir du Gabon : métallurgie, sidérurgie, chimie industrielle, agroalimentaire, agroforesterie et économie verte.
Cette orientation reflète une volonté claire : former les compétences de demain. Pendant des décennies, le Gabon, comme de nombreux pays africains, a exporté ses matières premières tout en important les savoir-faire nécessaires à leur transformation. Aujourd’hui, l’objectif est d’inverser cette tendance en développant une main-d’œuvre locale capable de transformer localement les ressources du pays.
un partenariat public-privé pour une souveraineté renforcée
L’alliance entre Eramet Comilog et SETRAG symbolise cette nouvelle dynamique. Premier employeur privé du Gabon avec près de 3 500 emplois directs, le groupe Eramet, via ses filiales Comilog et SETRAG, renforce ainsi son engagement dans la formation des talents gabonais. SETRAG, qui gère le Transgabonais — l’artère ferroviaire reliant les zones minières au port d’Owendo —, joue un rôle central dans cette stratégie en associant l’industrie minière et les infrastructures stratégiques du pays.
Ensemble, ces acteurs visent à réduire la dépendance aux compétences étrangères et à accélérer la création de valeur ajoutée sur le territoire national. Les secteurs prioritaires sélectionnés pour les bourses reflètent cette ambition : il s’agit de préparer des ingénieurs, techniciens et spécialistes capables de piloter les projets industriels du Gabon, qu’il s’agisse de manganèse, de fer, de bois ou de produits agricoles.
yam’na, un levier pour l’économie verte et la transition énergétique
Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la quête de minerais stratégiques, le Gabon se positionne comme un acteur clé. Posséder des ressources n’est plus suffisant ; il faut désormais maîtriser leur transformation et en capter la valeur économique. Le programme Yam’NA s’inscrit dans cette logique en formant une génération de jeunes Gabonais aux métiers de l’économie verte et aux innovations industrielles.
Les candidats éligibles — des Gabonais de moins de 25 ans ayant obtenu leur baccalauréat au premier tour — peuvent postuler du 8 au 28 juillet 2026. Au-delà du soutien financier, le dispositif cherche à aligner les parcours universitaires sur les besoins réels de l’économie gabonaise. Une réponse concrète aux défis structurels qui freinent souvent l’insertion professionnelle des diplômés dans des filières déconnectées des réalités industrielles.
la bataille du développement se gagne dans les compétences
L’Afrique entre dans une nouvelle ère où la compétition mondiale ne se limite plus aux infrastructures ou aux investissements, mais repose désormais sur la disponibilité des compétences. Les pays qui tireront leur épingle du jeu seront ceux capables de transformer leur jeunesse en un moteur de création de valeur. Le Gabon, à travers Yam’NA, anticipe ces enjeux en formant des profils adaptés aux métiers de la transformation locale et aux défis de l’économie verte.
En orientant les étudiants vers des secteurs porteurs, le pays cherche à éviter de subir les mutations industrielles de demain. L’objectif est clair : faire émerger une génération capable non seulement d’exploiter les ressources gabonaises, mais surtout de les valoriser et d’en faire un levier durable de souveraineté économique.
