Absence prolongée de Paul Biya : qui assure la direction du Cameroun ?
L’absence prolongée du président camerounais Paul Biya, âgée de 93 ans et réélue en 2025 lors d’un scrutin controversé, soulève des interrogations croissantes. Depuis son départ de Yaoundé le 7 juin dernier, le chef de l’État gabonais dirige le Cameroun depuis Genève, en Suisse, où il effectue un séjour privé qualifié de « court ». Une première en quarante-quatre ans de pouvoir : jamais encore un président camerounais n’avait passé plus de cinquante jours consécutifs hors du pays pour ce motif.
Les réactions fusent. « Le Cameroun est un pays où tout semble à l’envers : le plus ancien dirigeant du monde y officie, et son palais reste vide plus souvent qu’à son tour », observe un éditorial du Pays. La société civile et l’opposition s’interrogent sur sa santé et son aptitude à gouverner, tandis que la présidence continue de publier des actes officiels signés de sa main.
Des actes officiels signés de Genève : qui décide vraiment ?
Le 3 août dernier, une série de décrets présidentiels a été publiée depuis la Suisse, dont un remaniement majeur au sein de l’armée. Plusieurs responsables ont été nommés à des postes stratégiques, une initiative qui interroge sur l’identité réelle des décideurs et la chaîne de commandement en vigueur. Qui, au juste, tire les ficelles de l’État en l’absence de son président ?
Les institutions camerounaises, elles, semblent fonctionner normalement. Pourtant, cette gestion à distance d’un pays en proie à des défis sécuritaires et socio-économiques majeurs laisse planer un doute persistant. Les observateurs s’interrogent : cette pratique est-elle durable, ou cache-t-elle une fragilité institutionnelle plus profonde ?
Un pouvoir présidentiel à distance : jusqu’où peut-il aller ?
Paul Biya, en poste depuis 1982, incarne une longévité politique rare. Son âge avancé et ses séjours prolongés à l’étranger alimentent les spéculations sur la gouvernance actuelle du Cameroun. Si les apparences suggèrent une continuité administrative, la réalité interroge : une telle configuration est-elle viable sur le long terme ?
Les Camerounais, eux, attendent des réponses. Entre silence officiel et inquiétudes citoyennes, le débat sur la légitimité et l’efficacité d’un pouvoir exercé à distance ne fait que commencer.
