Cameroun anglophone : le 1er octobre, jour de « ville morte » et de mémoire sous surveillance

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Un 1er octobre sous haute surveillance dans les régions anglophones

Ce 1er octobre 2026, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO) du Cameroun ont vécu au ralenti. Les séparatistes anglophones avaient appelé à une journée « ville morte » pour marquer l’anniversaire de la réunification de 1961, une date contestée. En réponse, les autorités camerounaises ont déployé un important dispositif sécuritaire pour prévenir tout débordement. À la mi-journée, aucun incident majeur n’était signalé, mais les rues des principales villes restaient désertes, les habitants ayant choisi de rester chez eux.

Bamenda et Buea : des rues désertées, des patrouilles visibles

À Bamenda, dans le Nord-Ouest, un habitant a raconté être sorti faire du sport dans des rues peu fréquentées avant de rentrer chez lui. Dans les carrefours de la ville, des chars et de nombreuses patrouilles militaires étaient déployés, une présence qualifiée de « dissuasive » par certains résidents. À Buea, principale ville du Sud-Ouest, et dans les localités voisines, l’ambiance était similaire : les populations sont restées confinées chez elles.

Dix ans de crise au cœur des débats en ligne

Sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, plusieurs panels animés par des figures arborant les couleurs bleu et blanc revendiquées par les séparatistes ont nourri des discussions sur les dix années de conflit qui secouent ces deux régions. Ces échanges témoignent d’une mémoire vive et d’une volonté de faire entendre la voix des populations affectées.

Un témoignage poignant d’un ancien détenu

Dans une réflexion publiée ce 1er octobre, Khongor Félix Agbor, avocat et ancien prisonnier de la crise anglophone, a exprimé une pensée pour « les familles qui ont enterré leurs proches, les personnes déplacées, les enfants dont la scolarité a été interrompue, tous ceux qui ont peur et les détenus de la crise anglophone ». Son message rappelle l’impact humain profond d’une décennie de violences.

Un bilan humain toujours provisoire

Selon plusieurs organisations non gouvernementales, la crise anglophone a causé plus de 6 000 morts et des centaines de milliers de déplacés en dix ans. Ces chiffres, bien que non exhaustifs, illustrent l’ampleur d’un conflit qui continue de marquer durablement le Cameroun anglophone.

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