Chaos total à la Beaujoire : la rencontre entre Nantes et Toulouse définitivement arrêtée

L’ambiance est devenue électrique ce dimanche soir au stade de la Beaujoire. Pour ce qui devait être une simple clôture de championnat lors de la 34e journée de Ligue 1, le face-à-face entre Nantes et Toulouse a basculé dans l’irrationnel après seulement une vingtaine de minutes de jeu.

Des supporters de la Tribune Loire, en  2019. (A. Réau/L'Équipe)

Un envahissement de terrain dès la 22e minute

Alors que Nantes est officiellement relégué en deuxième division depuis une semaine, la colère des fans a éclaté brusquement. Des supporters massés dans la Tribune Loire ont d’abord déployé des messages hostiles avant de saturer la pelouse de fumigènes. La situation a rapidement dégénéré lorsqu’une partie du public a franchi les barrières pour envahir l’aire de jeu, prenant de court le dispositif de sécurité qui n’était pas positionné de ce côté du stade.

Face à cette menace immédiate, l’arbitre Stéphanie Frappart a appliqué le protocole de sécurité en ordonnant le retour instantané des vingt-deux acteurs aux vestiaires. Dans ce tumulte, une figure emblématique a refusé de quitter le terrain : Vahid Halilhodzic. À 74 ans, pour l’ultime match de sa carrière d’entraîneur, le technicien est resté seul pour tenter de raisonner les manifestants, faisant preuve d’un courage remarquable avant d’être écarté par le service d’ordre.

Des affrontements violents en tribune

La tension ne s’est pas apaisée avec l’interruption. Des scènes de grande violence ont éclaté entre les forces de l’ordre et des individus cagoulés au cœur de la Tribune Loire. Des projectiles, notamment des sièges arrachés, ont été lancés contre les CRS qui tentaient de reprendre le contrôle de la zone. Dans les tribunes adjacentes, la stupéfaction dominait, tandis que certains joueurs demandaient en urgence à leurs proches de quitter l’enceinte pour leur sécurité.

Malgré une tentative de médiation de Vahid Halilhodzic, qui souhaitait retourner au contact des supporters pour calmer les esprits, l’accès lui a été refusé en raison du danger extrême. « C’est trop dangereux, ils sont en train de se battre », lui a-t-on signifié alors que les affrontements se poursuivaient.

Une issue incertaine pour le match

Une cellule de crise, réunissant les autorités publiques et les représentants de la ligue, a été immédiatement instaurée pour décider de la suite des événements. À l’heure actuelle, la tendance s’oriente vers un arrêt définitif de la partie. La résilience du club nantais est mise à rude épreuve par ces incidents qui ternissent cette dernière soirée de la saison en France.

À 21h45, le calme n’était toujours pas revenu et aucune reprise du jeu n’était envisagée.