Comment le Cameroun peut-il éviter l’étouffement de ses finances en 2025 ?

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Un remboursement record de 1 101 milliards de FCFA qui pèse sur l’équilibre économique

En 2025, le Cameroun a consacré 1 101 milliards de francs CFA, soit 1,896 milliard de dollars, au remboursement de sa dette extérieure, un montant en hausse de 12,3 % par rapport à 2024. Cette explosion des remboursements, tirée notamment par la hausse des amortissements de capital (+19,7 %), interroge sur la capacité du pays à concilier obligations financières et développement économique. Comment Yaoundé peut-il faire face à cette pression sans étouffer ses finances et son investissement public ?

Une dette extérieure qui absorbe plus d’un cinquième des recettes d’exportation

Le service de la dette extérieure représente désormais 22,1 % des recettes issues des exportations de biens, services et revenus primaires, contre 19,1 % en 2024. Une détérioration préoccupante alors que ces recettes ont reculé de 2,9 %, s’établissant à 8,57 milliards de dollars. La baisse de la production pétrolière, déjà en déclin depuis les années 2010, et les mauvaises performances du cacao et du bois, pèsent lourdement sur la balance commerciale camerounaise.

Les échéances de 2025 s’expliquent par la concentration d’engagements contractés il y a une décennie, notamment pour financer des infrastructures majeures comme le port de Kribi ou le barrage de Memve’ele. Les eurobonds émis en 2015 et refinancés en 2021 arrivent également à échéance, tandis que les remboursements au FMI ont bondi de 54,4 %, passant de 84,3 à 130,4 millions de dollars.

L’investissement public sacrifié sur l’autel de la dette

La situation se traduit par une raréfaction drastique des nouveaux financements extérieurs, en chute de 32,8 % en 2025 pour atteindre 624 millions de dollars. Les transferts nets, après paiement des intérêts, ne représentent plus que 113 millions de dollars, soit une baisse de 71,5 %. Désormais, la dette extérieure ne contribue plus à financer l’économie camerounaise : elle devient un poids net pour le budget national.

Cette contraction des devises se répercute directement sur les dépenses d’équipement. D’après les données du premier trimestre 2026, l’investissement public a reculé de 27,7 % par rapport à la même période en 2025. Une tendance qui reflète les contraintes imposées par le programme de consolidation budgétaire négocié avec le FMI, dans un contexte où la dette intérieure s’ajoute à la dette extérieure, avec plus de 600 milliards de FCFA prévus en remboursements régionaux pour 2026.

2026-2027 : Un tournant pour le Cameroun post-Biya

Selon le International Debt Report 2026, le Cameroun reste classé en risque élevé de surendettement, malgré une dette extérieure égale à 30,3 % du revenu national brut. Le véritable défi réside dans la capacité à générer des devises suffisantes pour honorer les remboursements, alors que le stock de dette représente désormais 205,1 % des recettes extérieures.

La période 2026-2027 s’annonce critique pour le pays, alors que se profile une transition politique après quatre décennies de pouvoir. Chaque franc consacré au remboursement de la dette limite les marges de manœuvre pour les dépenses sociales, salariales ou sécuritaires. La capacité à renégocier certains prêts bilatéraux, à relancer l’émission de titres sur le marché régional de la BEAC et à diversifier l’assiette fiscale hors hydrocarbures déterminera la solidité financière du futur gouvernement camerounais.

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