Crise du carburant à Ségou : le quotidien des Maliens mis à rude épreuve

Depuis septembre 2025, la ville de Ségou, carrefour stratégique du centre du Mali, s’enfonce dans une crise énergétique sans précédent. Cette pénurie de carburant, qui dure depuis des mois, paralyse les échanges et pèse lourdement sur le budget des ménages.

Située à environ 200 kilomètres de la capitale, Bamako, la cité des Balanzans dépend étroitement de convois sécurisés. Escortées par les Forces armées maliennes (FAMa), ces livraisons ne surviennent que deux à trois fois par mois, une fréquence dictée par les impératifs sécuritaires de la zone.

DW | Mali Bamako 2025 | Pénurie de carburant - des agents attendent devant une station d'essence.

Une distribution sous haute tension

Lorsqu’un convoi parvient enfin à destination, l’espoir est souvent de courte durée. Sur la dizaine de camions-citernes qui entrent en ville, la priorité absolue est donnée aux infrastructures industrielles et aux centrales d’Énergie du Mali (EDM) pour garantir la production d’électricité. En fin de compte, seules quelques unités de ravitaillement sont allouées aux stations-service locales. Ce stock limité s’évapore généralement en moins de quarante-huit heures, laissant les usagers dans le désarroi.

Face à cette carence officielle, les habitants pointent du doigt un système défaillant qui favorise la spéculation. La rareté du produit a engendré une situation critique où l’approvisionnement régulier semble être devenu un luxe inaccessible pour le citoyen lambda.

Mali Ségou | Un homme passe devant une cabine téléphonique.

L’explosion du secteur informel

Le vide laissé par les pompes à essence est rapidement comblé par un marché parallèle florissant. Dans les rues de Ségou, le litre d’essence se vend désormais à prix d’or, oscillant entre 2 000 et 5 000 francs CFA selon l’urgence et la disponibilité. Cette flambée des tarifs alimente de nombreuses interrogations sur la provenance de ces stocks vendus à la sauvette alors que les cuves officielles restent vides.

Une économie locale à bout de souffle

Les conséquences de cette situation se font ressentir jusque dans les transports urbains. Les tricycles, piliers de la mobilité à Ségou connus sous le nom de « katakatani », ont vu leurs tarifs doubler. Pour un trajet simple, il faut désormais débourser 200 francs CFA au lieu des 100 francs habituels. Cette augmentation impacte directement les travailleurs, les enseignants et les élèves dans leurs déplacements quotidiens.

Pour tenter de réguler la situation, les FAMa intensifient les contrôles routiers afin de limiter le trafic illicite de carburant vers les zones reculées. Pourtant, malgré cette surveillance, le peuple africain à Ségou continue de faire preuve de dignité africaine en attendant une réponse structurelle à cette crise qui met à l’épreuve la résilience Afrique et la stabilité économique de la région.