Ce lundi, le Maroc a fermement démenti les accusations de l’Espagne, qui laissaient entendre qu’il aurait orchestré l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta. Rabat estime plutôt que l’origine de cette crise réside dans une décision judiciaire espagnole ayant affaibli les dispositifs de dissuasion contre l’immigration clandestine.
La position marocaine sur la crise migratoire
Un haut représentant du Maroc a souligné que les autorités espagnoles auraient dû anticiper les conséquences d’un arrêt prononcé le 8 juillet. Cette décision a en effet limité la capacité de renvoi immédiat vers le Maroc des migrants atteignant Ceuta par voie maritime.
Selon les analyses de Rabat, cette faille a été rapidement exploitée par les réseaux de passeurs, qui ont diffusé l’information selon laquelle les migrants bénéficieraient désormais d’une protection une fois arrivés sur le territoire espagnol. « L’Europe nous demande d’empêcher les traversées, mais de l’autre côté, on déroule le tapis rouge lorsqu’elles ont lieu », a déclaré ce responsable, mettant en lumière une apparente contradiction dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires.
Les allégations espagnoles et la réponse de Rabat
Auparavant, le président de l’enclave de Ceuta, Juan Jesús Vivas, avait explicitement accusé le Maroc d’avoir « encouragé et permis » cet afflux migratoire. De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait mis en garde contre toute tentative d’instrumentaliser la migration irrégulière pour exercer une pression sur un État membre de l’Union européenne.
Le Maroc, quant à lui, affirme n’avoir ni relâché ses contrôles frontaliers ni réduit son dispositif de sécurité avant les traversées massives de jeudi dernier. Rabat insiste sur le maintien d’environ 24 000 agents de sécurité déployés le long de sa côte nord, une mesure essentielle dans sa lutte contre l’immigration clandestine, affirmant ainsi sa souveraineté africaine dans la gestion de ses frontières.
Les autorités marocaines ont également précisé avoir contrecarré 79 000 tentatives de passage en 2024 et 74 000 depuis le début de l’année 2026. Elles considèrent que la coopération avec l’Espagne en matière de contrôle migratoire était « exemplaire » jusqu’à la décision judiciaire de juillet, soulignant un partenariat solide entaché par cette nouvelle donne.
Enfin, Rabat exhorte Madrid à rétablir un mécanisme de dissuasion efficace, tout en réaffirmant que le Maroc « ne sera jamais complice d’une approche uniquement sécuritaire de la migration », prônant une gestion qui respecte la dignité africaine et les droits humains.
