Dette du Sénégal : sonko assume sa stratégie de financement et rejette catégoriquement la restructuration

Lire à voix haute⏱ ~4 min

Peut-on stabiliser la dette du Sénégal sans recourir à une restructuration ? L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a apporté une réponse claire lors d’une conférence de presse récente, défendant avec fermeté la stratégie financière mise en place entre 2024 et 2026. Son approche ? Privilégier des financements alternatifs plutôt qu’une renégociation lourde de la dette publique.

Selon lui, cette décision n’était pas isolée : elle aurait été partagée par le président Bassirou Diomaye Faye, ainsi que par les principaux responsables économiques du gouvernement. Une position qu’il présente comme la ligne officielle de l’État sénégalais jusqu’à son départ de la Primature.

Une stratégie fondée sur la mobilisation de ressources alternatives

Face aux critiques évoquant une inertie dans la gestion de la dette, Ousmane Sonko a fermement rétorqué : « Il n’y a jamais eu d’inertie ! ». Il a détaillé les initiatives engagées pour contourner une restructuration, notamment via la création d’un fonds de garantie destiné à mobiliser entre 1 800 et 2 000 milliards de francs CFA. Ce mécanisme visait à sécuriser des financements sans alourdir davantage l’endettement public.

Pour y parvenir, son équipe aurait collaboré avec plusieurs institutions financières majeures :

  • La Banque africaine de développement (BAD) ;
  • La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ;
  • La Banque islamique de développement (BID) ;
  • La banque d’affaires JPMorgan.

Ces partenariats devaient permettre au Sénégal de diversifier ses sources de financement, en évitant une restructuration coûteuse et complexe.

Un accord prometteur avec les Émirats arabes unis

Parmi les succès mis en avant par Ousmane Sonko, un accord conclu avec les Émirats arabes unis occupe une place centrale. Selon ses déclarations, deux missions officielles dans ce pays auraient abouti à un engagement de près de 2 milliards de dollars. Ces fonds devaient se répartir entre des financements à conditions avantageuses et des investissements dans des projets locaux.

Parmi les réalisations envisagées : la construction d’un centre d’affaires sur le site de Mermoz, libéré par l’armée française. Une première tranche d’un milliard de dollars aurait été libérée en février 2026, dont 900 millions pour des opérations financières et 100 millions pour le projet immobilier. Cependant, ces chiffres restent à confirmer par des sources indépendantes.

Pourquoi le Sénégal a évité le cadre commun du G20 ?

Ousmane Sonko a justifié son refus de s’inscrire dans le cadre commun du G20 par une volonté de ne pas devenir un « cobaye » pour un nouveau système de traitement de la dette. Pour lui, le problème du Sénégal relevait davantage d’un manque de trésorerie que d’une incapacité à rembourser sa dette.

Il s’est appuyé sur des déclarations attribuées à la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), soulignant que le pays disposait d’atouts suffisants pour se redresser avec un soutien adapté. Selon lui, les financements alternatifs négociés offraient une solution plus adaptée qu’une restructuration traditionnelle.

Des promesses à vérifier : l’ombre des incertitudes

Malgré les affirmations d’Ousmane Sonko, plusieurs questions persistent. Les financements évoqués ont-ils réellement été contractualisés ? Les fonds promis par les Émirats arabes unis ont-ils été versés ? Et dans quelle mesure ces mécanismes auraient-ils pu répondre durablement aux besoins du Sénégal ?

Pour trancher, il faudrait des preuves tangibles : des procès-verbaux des discussions internes, des accords signés ou des décaissements avérés. Sans ces éléments, la crédibilité de cette stratégie financière reste en suspens.

Fils d'actualité (RSS) :