Faure Gnassingbé et l’émissaire congolais discutent sécurité en RDC à Lomé

Une rencontre capitale à Lomé pour apaiser l’Est de la RDC

Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé et Floribert Anzuluni, émissaire du président congolais Félix Tshisekedi

Le président du Conseil des ministres du Togo et médiateur de l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu à Lomé l’émissaire spécial du président de la RDC, Floribert Anzuluni. L’entretien s’est concentré sur les défis sécuritaires persistants dans l’Est de la République démocratique du Congo et les voies pour consolider les efforts de médiation.

Une coopération renforcée face aux crises régionales

Lors de cette rencontre, les deux parties ont souligné l’importance d’une collaboration accrue entre leurs pays respectifs. Floribert Anzuluni a salué l’engagement personnel du président Gnassingbé dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue la région des Grands Lacs depuis de nombreuses années. Le président togolais, en sa qualité de médiateur désigné par l’Union africaine, continue de mobiliser les acteurs clés pour une résolution pacifique du conflit opposant Kinshasa à Kigali.

« Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des mécanismes de paix déjà engagés. La stabilité de l’Est de la RDC reste une priorité pour l’ensemble des partenaires africains et internationaux »

Contexte des tensions et initiatives diplomatiques

Ces discussions surviennent dans un contexte marqué par la persistance des hostilités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par des soutiens militaires extérieurs, poursuit ses opérations contre les forces gouvernementales. Malgré les tentatives de médiation à Washington et Doha, aucune avancée significative n’a encore permis d’enrayer la dégradation de la situation sécuritaire.

L’émissaire congolais s’était préalablement rendu en Ouganda, où il a transmis un message du président Tshisekedi à son homologue ougandais Yoweri Museveni. Cette séquence s’inscrit dans une série de consultations régionales visant à évaluer les progrès accomplis et à identifier de nouvelles pistes pour relancer le dialogue.

Un engagement africain renforcé

Ces échanges diplomatiques s’ajoutent à une série d’initiatives régionales récentes. Kinshasa et Luanda maintiennent un dialogue soutenu sur les enjeux bilatéraux et les questions de sécurité, tandis que le président burundais Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, a récemment consulté les principales confessions religieuses de la RDC ainsi qu’un groupe de leaders de l’opposition.

Une autre étape notable a été la visite récente de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour échanger avec le président Denis Sassou Nguesso. Cette démarche faisait suite à la visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, illustrant la volonté d’une approche concertée pour stabiliser la région.

Lomé, hub des efforts de médiation

Lomé a récemment accueilli une session technique d’évaluation du processus de paix, tenue les 7 et 8 juin 2026 sous l’égide de Faure Gnassingbé. Lors de cette réunion semestrielle, le président togolais a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence entre les différents mécanismes de médiation engagés dans la résolution du conflit. Il a rappelé que seule une action collective et coordonnée permettrait de consolider les acquis et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans l’Est de la RDC.

Cette réunion s’inscrivait dans la continuité des efforts diplomatiques initiés en janvier 2026, lorsque Lomé avait abrité une réunion de haut niveau réunissant d’anciens chefs d’État, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la SADC, ainsi que des partenaires internationaux. Ces initiatives visent à renforcer la confiance entre les parties et à faire progresser le dialogue.

Pour le médiateur de l’Union africaine, les prochaines étapes devront mettre l’accent sur une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués, afin de garantir le respect des engagements pris et de créer un environnement propice à la réconciliation nationale en RDC.