Gabon : vers une refondation profonde avec une vision d’État durable
La refondation du Gabon ne peut se résumer à des changements superficiels. C’est le message clair lancé par Yves Fernand Manfoumbi, ancien directeur général du budget et ex-ministre, dans une tribune publiée récemment. Pour ce fin stratège, le pays doit abandonner l’approche réactive aux crises pour adopter une gestion prospective exigeante.
L’ancien ministre dresse un bilan sans concession de la gouvernance gabonaise. Selon lui, l’action publique a trop souvent oscillé entre réponses urgentes et improvisations, au détriment d’une vision cohérente. « Un État ne s’affirme pas dans l’à-peu-près », rappelle-t-il. Il s’appuie sur des exemples internationaux probants : Singapour, la Corée du Sud ou le Rwanda, qui ont bâti leur puissance grâce à une discipline rigoureuse en matière de planification stratégique.
Pourtant, le Gabon dispose d’atouts majeurs pour réussir sa transformation. Entre ressources naturelles généreuses, écosystèmes forestiers préservés et une jeunesse ambitieuse, les fondations sont solides. Le véritable défi réside désormais dans l’adoption d’une méthode rigoureuse et anticipative.
Une gouvernance exigeante : trois piliers pour une refondation réussie
Yves Fernand Manfoumbi identifie trois axes fondamentaux pour garantir l’efficacité de la refondation. D’abord, une planification ciblée où chaque réforme doit s’inscrire dans une logique précise et mesurable. Ensuite, une évaluation systématique des politiques publiques, car « une mesure qui n’est pas suivie d’effets finit par devenir un fardeau ». Enfin, une anticipation proactive des enjeux globaux, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou des défis climatiques.
Le rôle des dirigeants doit évoluer radicalement : « Gouverner, c’est produire des résultats concrets, pas des annonces ». Cette exigence de performance doit devenir la norme, et non l’exception.
Des institutions modernes pour un Gabon compétitif au XXIe siècle
Pour que la vision présidentielle prenne vie, cette rigueur doit s’appliquer à tous les niveaux de l’administration. L’ancien ministre martèle une vérité contemporaine : « Le XXIe siècle récompensera les nations les mieux organisées, pas nécessairement les plus riches ».
La refondation du Gabon ne peut plus se contenter de mesures ponctuelles. Elle exige une doctrine d’État où planification, évaluation et anticipation forment un tout indissociable. C’est la clé pour transformer les ambitions en réalités tangibles.
