Qui est Kémi Séba, cette figure controversée des réseaux sociaux en Afrique ?
En Afrique francophone, Kémi Séba incarne une figure médiatique incontournable. Militant panafricaniste béninois, il se distingue par ses prises de position radicales contre l’Occident et ses attaques répétées contre les institutions françaises. Récemment, il a été privé de sa nationalité française par un décret publié au Journal officiel, une décision qui a suscité de vives réactions sur le continent et au-delà.
Un parcours marqué par la provocation et la radicalité
Âgé de 42 ans, Kémi Séba, dont le vrai nom est Stellio Gilles Robert Capo Chichi, s’est fait connaître pour ses discours enflammés et son engagement anti-françafrique. Condamné en 2006 pour incitation à la haine raciale, il était à la tête de la Tribu KA, un groupe suprématiste noir dissous par la justice française. Aujourd’hui, il se présente comme un révolutionnaire du XXIe siècle, défendant une vision radicale de la souveraineté africaine.
Ses interventions sur les réseaux sociaux, où il cumule plus d’un million d’abonnés sur Facebook et des centaines de milliers de vues sur YouTube, en font une personnalité influente. Récemment, il a partagé sur X (ex-Twitter) : « Plus de nationalité française, gloire à Dieu. Libéré je suis de ce fardeau. »
Un relais présumé de la propagande russe en Afrique
Kémi Séba est régulièrement pointé du doigt pour son rôle supposé dans la stratégie d’influence de la Russie sur le continent africain. Selon plusieurs sources, dont Jeune Afrique, il aurait bénéficié du soutien financier et logistique d’Evgueni Prigojine, le défunt patron du groupe Wagner, chargé par le Kremlin de renforcer l’emprise russe en Afrique via des réseaux d’influence, le mercenariat et l’exploitation minière.
Son activisme l’a conduit à multiplier les conférences à l’étranger, notamment en Russie, au Venezuela, en Iran et au Brésil. Il a même été invité au sommet Russie-Afrique organisé à Saint-Pétersbourg par Vladimir Poutine. En France, il a été qualifié en 2023 par le président de la commission Défense de l’Assemblée nationale de « relais de la propagande russe », accusé de servir une « puissance étrangère alimentant le sentiment anti-français ».
Ses cibles principales : la Françafrique et le franc CFA
Kémi Séba concentre ses critiques sur deux symboles qu’il juge néocoloniaux : la Françafrique et le franc CFA. Il dénonce une « monnaie coloniale » et appelle les États africains à se détacher de l’influence française. Ses prises de position trouvent un écho particulier dans des pays comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso, où les coups d’État récents ont été suivis de ruptures avec Paris et de rapprochements avec Moscou.
Il a d’ailleurs déclaré : « D’autres pays vont rejoindre cette dynamique-là, on y travaille fortement. »
Un activisme international au service d’une vision panafricaine radicale
Fondateur de l’ONG Urgence Panafricaines, Kémi Séba se présente comme un défenseur acharné de la souveraineté africaine. Ses déplacements internationaux, ses meetings et ses interventions médiatisées en font une figure médiatique incontournable, mais aussi controversée. Entre accusations d’antisémitisme, de soutien à des régimes autoritaires et de liens avec Moscou, son parcours soulève de nombreuses questions sur son rôle réel dans les dynamiques géopolitiques africaines.
