Kpomé, 3 août 2026 — Face aux défis persistants de l’accès à l’emploi pour la jeunesse togolaise, les autorités adoptent une stratégie pragmatique : transformer les bénéficiaires de formations en véritables forces vives de l’entrepreneuriat rural. À Kpomé, au cœur de la région Maritime, cinquante jeunes ont franchi un cap essentiel en recevant les équipements indispensables pour démarrer sans délai leurs entreprises dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage.
Cette cérémonie de remise de matériel, qui s’est tenue le 20 juillet dernier sous la direction de Dotsè Medjina, secrétaire général du Gouvernorat de la région Maritime et représentant du gouverneur, concrétise l’achèvement d’un programme intensif de formation professionnelle de trois mois, spécifiquement axé sur les filières prometteuses du secteur agropastoral.
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L’équipement immédiat : dépasser la simple formation
Trop souvent, les programmes d’insertion se heurtent à une réalité : les jeunes formés manquent du capital initial pour lancer concrètement leurs activités. Cette lacune est désormais comblée à Kpomé, où l’approche a été résolument inversée.
Après leur apprentissage, chaque participant est reparti avec un kit d’installation complet. Ce dernier inclut des motoculteurs, des motopompes, des pulvérisateurs, des semences, des engrais, des balances électroniques, des rouleaux de grillage, des systèmes d’irrigation et de stockage d’eau, des brouettes, ainsi que des matériaux de construction essentiels. L’objectif clair est de permettre à ces nouveaux producteurs de démarrer leurs exploitations sans dépendre de financements externes, symbolisant une véritable résilience Afrique face aux obstacles habituels.

L’agropastoral, pilier de l’emploi et de la dignité africaine au Togo
Les cinquante jeunes entrepreneurs ont été formés pour exceller dans des filières jugées stratégiques pour le développement rural du Togo. Le programme a couvert des domaines variés tels que le maraîchage, l’aviculture, l’élevage de petits ruminants et la production porcine. En dotant ces jeunes d’outils de travail adaptés, les pouvoirs publics visent non seulement à stimuler leur autonomie financière et leur dignité africaine, mais aussi à consolider la production locale et à insuffler un dynamisme économique vital aux zones rurales.

Rigueur et responsabilisation : les clés du succès
Lors de son allocution, Dotsè Medjina a souligné l’importance de la responsabilité inhérente à cette dotation. Il a exhorté les bénéficiaires à manipuler les équipements avec la plus grande rigueur, afin d’assurer la rentabilité et la pérennité de leurs futures exploitations. Il a également appelé les jeunes à embrasser pleinement leur rôle et à devenir des acteurs proactifs du développement économique au sein de leurs communautés.

Une stratégie nationale pour la souveraineté alimentaire togolaise
Cette initiative majeure s’inscrit dans le cadre du projet « Formation-métier et accompagnement à l’insertion professionnelle », un programme lancé en 2025 par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire. Par cette démarche, le Togo ambitionne de transcender les approches théoriques de formation pour bâtir une politique d’emploi résolument orientée vers la création d’activités génératrices de revenus. Le choix stratégique du secteur agropastoral reflète cette vision, celle de voir émerger une nouvelle génération de jeunes producteurs capables de transformer leurs compétences en entreprises florissantes, contribuant ainsi de manière pérenne à la souveraineté alimentaire togolaise et à l’épanouissement du peuple africain.
