Le Cameroun dénonce l’usurpation du pavillon par le pétrolier fantôme Tagor

Un navire suspect, le pétrolier Tagor, a été intercepté fin mai à près de 400 milles nautiques des côtes bretonnes, sous les yeux des autorités maritimes françaises. Parti de Murmansk en Russie avec une destination affichée vers Limbé, au Cameroun, ce bâtiment présentait une particularité inquiétante : il arborait illégalement le pavillon camerounais.

L’interception s’est déroulée sous le contrôle strict de la Marine nationale française, conformément à l’Article 110 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Après vérification de sa nationalité en haute mer, le pétrolier a été dérouté vers un port français pour investigations approfondies.

Pétrolier Tagor intercepté pour usurpation de pavillon camerounais

Yaoundé réagit avec fermeté à l’usurpation de son pavillon

Les autorités camerounaises n’ont pas tardé à réagir face à cette tentative d’usurpation. Dans un communiqué diffusé sur les ondes de la radio nationale, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a dénoncé avec vigueur l’utilisation frauduleuse des attributs nationaux camerounais. « Le Tagor ne figure dans aucun registre officiel des navires autorisés à battre pavillon camerounais », a-t-il souligné.

Le gouvernement de Yaoundé a appelé la communauté internationale à adopter des mesures radicales contre ces pratiques, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre la modernisation de son registre maritime pour renforcer la transparence et lutter contre les dérives. Cette affaire met en lumière les failles des systèmes de contrôle des pavillons nationaux, souvent exploitées pour contourner les sanctions internationales.

Quatrième interception en moins d’un an en Europe

Selon les services maritimes, l’interception du Tagor s’inscrit dans une série d’opérations ciblant cette flotte fantôme — ces navires utilisés pour acheminer illégalement du pétrole sous sanctions. Il s’agit de la quatrième interception de ce type menée par la France depuis septembre 2025, illustrant l’intensification des contrôles européens sur les routes maritimes suspectes.

Après son déroutement, le pétrolier a été placé sous scellés judiciaires dans la baie de Douarnenez, dans le Finistère, dans l’attente des conclusions d’une enquête en cours. Cette multiplication des interpellations en mer témoigne d’une volonté croissante de freiner les trafics pétroliers illicites et de renforcer l’application des sanctions internationales.