Le Ghana peut-il transformer sa richesse aurifère en moteur de développement durable ?

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Premier producteur d’or du continent africain, le Ghana veut reprendre la main sur son secteur minier. Accra cherche à faire respecter plus strictement les normes environnementales, à lutter contre l’exploitation illégale et à maximiser les retombées économiques de l’or pour le pays. Mais cette ambition est-elle réalisable ?

Des contrôles qui ciblent plusieurs compagnies minières

Plusieurs entreprises font l’objet de mesures ou d’inspections. Cardinal Namdini, filiale du groupe chinois Shandong Gold, est mise en cause après un déversement de résidus miniers. D’après l’Autorité ghanéenne de protection de l’environnement, une canalisation mal raccordée serait à l’origine de la fuite. L’entreprise aurait également tardé à signaler l’incident, ce qui lui a valu un préavis de fermeture.

Une autre société chinoise, Earl International, a vu son exploitation suspendue pour des soupçons d’extraction illégale. L’entreprise affirme avoir remédié au problème et obtenu l’autorisation de reprendre ses activités. Les contrôles ne visent toutefois pas uniquement les opérateurs chinois : la mine de Tarkwa, exploitée par le groupe sud-africain Gold Fields, a également fait l’objet d’une inspection. Les conclusions de cette vérification n’ont pas été rendues publiques.

Pourquoi le Ghana durcit-il le ton ?

Ces contrôles renforcés répondent à plusieurs préoccupations des autorités : prévenir les dégâts environnementaux liés aux activités minières, lutter contre l’exploitation illégale et faire en sorte que les ressources du pays profitent davantage à la population ghanéenne. Le gouvernement cherche aussi à mieux contrôler les licences et les revenus tirés de l’or, dans un contexte de pressions budgétaires et de hausse des cours du métal. Les réformes annoncées visent notamment à accroître la participation des entreprises locales et à limiter les pratiques de prête-nom permettant à des acteurs étrangers d’obtenir indirectement des droits miniers.

Vers une surveillance plus continue

Les autorités ghanéennes souhaitent passer d’inspections ponctuelles à un dispositif de surveillance plus régulier des sites miniers. Cette orientation vise à détecter plus rapidement les infractions et à renforcer la responsabilité des exploitants en matière de sécurité et d’environnement.

En parallèle, le gouvernement prévoit d’augmenter les redevances minières et prépare une nouvelle loi sur le secteur. Les mesures envisagées doivent renforcer le contrôle de l’État, augmenter les revenus tirés de l’exploitation aurifère et accorder une place plus importante aux entreprises ghanéennes.

Quels enjeux pour l’avenir ?

Le durcissement annoncé marque ainsi une volonté de mieux encadrer une activité essentielle à l’économie du pays. Reste à voir comment les nouvelles règles seront appliquées et si elles permettront de concilier production minière, protection de l’environnement et retombées plus importantes pour la population.

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