Le Mali face à une escalade sécuritaire et politique dans le nord

Une profonde instabilité caractérise actuellement le Nord du Mali. En l’espace de quelques jours, la dynamique sécuritaire du pays a été radicalement transformée. Après la chute hautement symbolique de Kidal, les entités armées continuent leur progression rapide, tandis que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) tente une manœuvre politique sans précédent en appelant au renversement du gouvernement de transition.

Une déroute militaire aux échos du passé

Le scénario préoccupant de 2012 semble se rejouer. Ce vendredi 1er mai 2026, les combattants du JNIM, associés aux indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont pris le contrôle des installations militaires stratégiques de Tessalit et Aguelhoc. Le retrait des Forces armées maliennes (FAMa) et de leurs auxiliaires russes d’Africa Corps a permis aux assaillants de pénétrer ces lieux sans opposition armée.

Une image, dont l’authenticité a été confirmée par de multiples sources, illustre cette humiliation : on y voit Seidane Ag Hitta, une figure éminente du JNIM, présentant ostensiblement les clés du camp de Tessalit. Ce geste revêt une signification particulière, cinq ans après le départ de l’opération française Barkhane. Depuis le 25 avril, les localités de Ber, Tessit, Hombori et Gourma Rharous sont également passées sous contrôle rebelle, plongeant les populations de Gao et Tombouctou dans une attente anxieuse.

La riposte de Bamako et l’appui constant de Moscou

Malgré ces revers significatifs, la présidence de Koulouba maintient une position ferme. Le général Assimi Goïta a lancé un appel au « sursaut national », affirmant avec force qu’aucune « intimidation » ne saurait dévier le Mali de sa trajectoire actuelle.

L’effort de guerre se déploie désormais sur deux axes majeurs :

  • Opérations aériennes et terrestres : L’armée malienne intensifie ses frappes ciblées sur Kidal, visant spécifiquement le gouvernorat et divers dépôts logistiques. Bien que les groupes rebelles du FLA contestent les bilans, Bamako revendique la « neutralisation » de plusieurs terroristes.
  • Gestion logistique : Alors qu’un blocus imposé par les groupes jihadistes entrave les principales voies d’accès à la capitale, un important convoi de 800 camions-citernes a réussi à franchir les barrages ce vendredi, bénéficiant d’une escorte aérienne et de troupes au sol.

Depuis Moscou, le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, a réitéré son soutien inconditionnel aux autorités de transition, dissipant ainsi les spéculations concernant un éventuel désengagement russe suite aux pertes subies à Kidal.

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