Jeudi matin, une nouvelle attaque a visé l’aéroport international de Niamey, faisant au moins 13 morts, dont 11 soldats et 2 civils. Des assaillants, dont plusieurs portaient des ceintures explosives, ont tenté de pénétrer dans l’aérogare, selon le ministère de la Défense.

Cette attaque survient six mois après une première offensive contre le même site, revendiquée par le groupe État islamique. Le Niger est dirigé par une junte militaire depuis juillet 2023, qui peine à contenir la violence jihadiste. Fin janvier, l’aéroport et la base militaire adjacente avaient déjà été la cible d’une vaste attaque repoussée par l’armée et ses partenaires russes.
Le ministère de la Défense a précisé que la rapide intervention des forces de sécurité a empêché les assaillants d’atteindre l’aérogare. Le bilan provisoire fait état de 13 martyrs (11 militaires et 2 civils), 4 blessés, ainsi que 22 assaillants neutralisés et une vingtaine de suspects arrêtés. Une vaste opération de sécurisation est en cours et l’aéroport reste ouvert au trafic, bien que plusieurs vols aient été déviés ou retardés, selon Flightradar.
Site sensible
Des riverains ont confié que les premiers coups de feu ont éclaté vers 06h (05h GMT) et ont duré près de deux heures. Les tirs provenaient d’un poste de contrôle sur l’unique route d’accès à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’aérogare. Selon une source aéroportuaire, les assaillants sont arrivés en taxi jusqu’au dispositif policier, avant de se heurter à une résistance déterminée. Vers 10h (09h GMT), le calme était revenu et les forces de sécurité ratissaient les quartiers environnants pour retrouver les fuyards.
Cette attaque intervient moins de six mois après celle du 29 janvier, qui avait marqué les esprits en étant la première à cibler directement l’aéroport de la capitale. Elle avait fait quatre blessés et des dégâts matériels importants. Le site est stratégique : entre décembre et janvier, une cargaison de concentré d’uranium y était stockée en attente d’exportation, sans mouvement constaté depuis. Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte, avait alors pointé une faille dans le dispositif de sécurité ayant permis l’attaque, dont l’objectif était de détruire les capacités aériennes de l’armée.
Ces dernières semaines, les autorités ont renforcé la sécurité : destruction de quartiers autour de l’aéroport, allongement du mur d’enceinte et installation de plus de 350 caméras à l’intérieur et à l’extérieur du site.
