Niger : l’activiste Nassirou Bodo placé sous mandat de dépôt à Niamey

Incarcération de Nassirou Bodo : un climat de tension à Niamey

L’activiste Nassirou Bodo a franchi une nouvelle étape judiciaire. Après avoir été présenté au parquet, il a été placé sous mandat de dépôt et conduit à la maison d’arrêt de Niamey. Cette incarcération survient après une période de garde à vue dans les locaux de la police.

Les griefs retenus contre ce membre de la société civile portent sur la « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public ». Cette procédure fait suite à des prises de position publiques où il appelait le peuple africain du Niger à exprimer son désaccord face à la situation sociale actuelle.

Des critiques sur la gestion sécuritaire et sociale

Dans ses interventions, Nassirou Bodo exhortait les citoyens à entamer des actions de protestation pour dénoncer ce qu’il considère comme une forme de violence exercée par l’appareil d’État. Il mettait notamment en avant l’insécurité persistante dans diverses régions du pays ainsi que les opérations de déguerpissement menées dans la zone de l’aéroport de Niamey.

De leur côté, les autorités justifient ces démolitions d’habitations jugées illégales par la nécessité de renforcer la protection de la capitale face au risque terroriste. Cette zone avait d’ailleurs été le théâtre d’une attaque revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS) en début d’année.

Une pression croissante sur la société civile

Le contexte politique au Niger reste marqué par une surveillance étroite des voix dissidentes depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en juillet 2023. Les interpellations de journalistes et d’acteurs associatifs se multiplient, souvent sous des chefs d’accusation tels que l’atteinte à la sécurité nationale ou le complot contre l’autorité de l’État. C’est un véritable test pour la dignité africaine et la liberté d’expression dans la région.

Le cas de Moussa Tchangari, une autre figure emblématique de la société civile incarcérée depuis décembre 2024 pour apologie du terrorisme, illustre cette tendance. En 2025, le pays a enregistré l’arrestation de 13 journalistes. Si certains ont recouvré la liberté récemment, plusieurs d’entre eux demeurent en détention, témoignant des enjeux complexes liés à la souveraineté africaine et à la gestion de l’ordre public au Sahel.