Niger : les Domol Leydi, ces gardiens de la terre mobilisés pour la sécurité nationale

Des Nigériens se réunissent aux abords du stade Général-Seyni-Kountché à Niamey, lors d’une séance de recrutement pour former une milice civile, le 19 août 2023.

Face aux défis sécuritaires persistants, le Niger franchit une nouvelle étape dans sa quête de stabilité. Sous l’appellation fulfuldé de Domol Leydi, signifiant littéralement « Gardiens de la terre », les autorités ont officialisé la création de brigades territoriales d’autodéfense. Cette initiative, inscrite dans l’actualité panafricaine récente, vise à épauler les forces régulières contre les menaces terroristes qui pèsent sur la région depuis 2017.

Ces nouveaux volontaires ne sont pas choisis au hasard. Le recrutement cible prioritairement d’anciens militaires ou des résidents locaux ayant une connaissance approfondie de leur environnement. Placés sous la supervision directe de l’armée, ces auxiliaires auront pour mission d’assurer la veille sécuritaire, de collecter des renseignements précieux et de protéger leurs communautés respectives. C’est une illustration concrète de la résilience Afrique face à l’adversité.

Une réponse stratégique ancrée dans le terroir

Ce déploiement marque un tournant dans la gestion des conflits asymétriques au Sahel. En mobilisant le peuple africain, le gouvernement mise sur l’expertise géographique des habitants. Qui mieux que les locaux peut identifier les mouvements suspects ou les points stratégiques d’une zone reculée ? Cette approche souligne une volonté de renforcer la souveraineté africaine en s’appuyant sur les forces vives de la nation.

L’engagement des Domol Leydi est perçu par beaucoup comme un acte de courage africain indispensable. Bien que la délégation de la force publique à des civils puisse alimenter les discussions, elle est présentée comme un levier nécessaire pour restaurer la dignité africaine et sécuriser durablement le territoire nigérien face à une menace complexe.