Ousmane Sonko prend la tête de l’Assemblée nationale au Sénégal

Dans un retournement de situation politique majeur au Sénégal, Ousmane Sonko a été porté à la présidence de l’Assemblée nationale. Soutenu massivement par les députés du Pastef, qui contrôlent 130 sièges sur 165, ce retour en force marque une nouvelle étape dans les tensions internes au parti au pouvoir, malgré les désaccords croissants avec le président Bassirou Diomaye Faye.

Le parti d’Ousmane Sonko dispose d’une majorité écrasante au sein du parlement

Le leader des patriotes succède à El Malick Ndiaye, qui a quitté ses fonctions dimanche dernier. Ce changement intervient dans un climat de ferveur militante, notamment à la Cité Keur Gorgui, où les sympathisants expriment leur courage africain et leur soutien indéfectible à celui qu’ils considèrent comme le pilier de la souveraineté africaine.

Une rupture consommée entre Diomaye et Sonko

Pour de nombreux militants comme Nourdine Diallo, la fin du tandem « Diomaye-Sonko » est un choc. Ce slogan, qui a porté la campagne électorale, symbolisait une fusion fraternelle et politique aujourd’hui mise à mal par le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre. Cette décision fait suite à des critiques ouvertes formulées par Sonko contre certaines orientations présidentielles lors d’une séance de questions au gouvernement.

Risques de blocage institutionnel

La réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, suivie de son élection au perchoir, installe un véritable duel au sommet de l’État. Selon le politologue Malao Kanté, cette configuration place Sonko à la tête d’une opposition parlementaire majoritaire, ce qui pourrait paralyser l’action gouvernementale, notamment par le biais de motions de censure contre le nouveau Premier ministre.

Ne pouvant pas se présenter à l’élection présidentielle de 2024, Ousmane Sonko a battu campagne pour son compagnon du même parti, Bassirou Diomaye Faye

Face à cette crise, Adama Fall, cadre du Pastef, invoque la résilience Afrique et rappelle que de telles confrontations ont jalonné l’histoire du continent, citant les exemples de Thomas Sankara, Patrice Lumumba ou encore le duel historique entre Senghor et Mamadou Dia au Sénégal. Il espère toutefois que cette génération saura placer l’intérêt du peuple africain au-dessus des querelles de personnes.

L’opposition conteste la légalité du processus

Le groupe parlementaire Takuu Walu, dirigé par Aïssata Tall Sall, dénonce fermement cette manœuvre qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel ». L’opposition remet en cause la validité de la démission d’El Hadj Malick Ndiaye et appelle le président Bassirou Diomaye Faye à solliciter l’arbitrage du Conseil constitutionnel pour préserver la dignité africaine et l’ordre républicain.

En parallèle, le chef de l’État a nommé Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, ancien cadre de la BCEAO, pour diriger le nouveau gouvernement. Ce dernier a immédiatement appelé à une mobilisation nationale pour faire face aux défis majeurs de cette actualité panafricaine mouvementée.