pouvoir vacant au Cameroun : le débat qui s’installe
Dans son analyse politique diffusée ce lundi à travers les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM), l’éditorialiste Eric Boniface Tchouakeu s’interroge sur l’absence prolongée du président camerounais en Europe.
L’éditorialiste Éric Boniface Tchouakeu s’interroge, dans son analyse diffusée ce lundi, sur l’absence prolongée du président Paul Biya du Cameroun. Officiellement, il se trouve en Europe pour un « séjour privé », comme l’a indiqué le Directeur de Cabinet, Samuel Mvondo Ayolo, dans un communiqué rendu public.
Le président Paul Biya a quitté le Cameroun le 7 juin 2026, un départ officiellement présenté comme un « court séjour privé » en Europe.
Plusieurs sources, dont un journal panafricain reconnu pour sa rigueur, ont confirmé que le président camerounais séjourne actuellement à Genève, en Suisse, où il a ses habitudes depuis 1982, date de son accession au pouvoir.
Ce déplacement, initialement qualifié de « court », s’éternise, alimentant les spéculations sur l’état de santé du chef de l’État, âgé de 93 ans. Malgré les dénégations répétées des autorités, certaines voix évoquent même une éventuelle vacance du pouvoir au Cameroun.
Pourtant, la loi camerounaise ne prévoit pas de durée maximale pour les séjours du président à l’étranger. La vacance du pouvoir ne peut être déclarée que dans trois cas précis : décès, démission ou empêchement définitif du président en exercice, comme le stipule la Constitution.
Cependant, aucun texte ne définit précisément ce que recouvre l’empêchement définitif, laissant ainsi une zone d’ombre juridique. En conséquence, il est impossible de conclure à une vacance du pouvoir sur la seule base d’un séjour prolongé du président hors du Cameroun.
Le président Biya pourrait même diriger le pays à distance pendant toute la durée de son mandat sans qu’aucune violation légale ne soit constatée. La véritable question ne relève donc pas du cadre juridique, mais de l’éthique politique et de la morale publique.
Les retards répétés dans la formation du gouvernement après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ainsi que l’absence de nomination d’un vice-président malgré la réintroduction récente de ce poste, pourraient expliquer pourquoi certains observateurs suivent désormais quotidiennement le nombre de jours passés par le président à l’étranger. En effet, depuis 43 ans au pouvoir, jamais un décret d’importance n’a été signé ou publié depuis l’étranger par Paul Biya.
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