Le pouvoir au Cameroun : une vacance possible ?

Analyse politique

le pouvoir au Cameroun : une vacance possible ?

Armand Djaleu
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L’éditorialiste politique Éric Boniface Tchouakeu s’interroge sur la durée du séjour privé du président camerounais en Europe, alors que le chef de l’État a quitté le Cameroun le 7 juin 2026.

Dans son intervention diffusée sur les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang), il a souligné que le président Paul Biya, officiellement en « court séjour privé » en Europe selon le communiqué de son Directeur de Cabinet, Samuel Mvondo Ayolo, suscite de nombreuses interrogations.

Le séjour du président Biya, qui a accédé au pouvoir le 6 novembre 1982, se déroule à Genève en Suisse, où il a ses habitudes. Initialement présenté comme un déplacement de courte durée, ce voyage s’éternise, alimentant les spéculations sur l’état de santé du président, âgé de 93 ans, malgré les démentis officiels.

Certains observateurs n’hésitent pas à évoquer une possible vacance du pouvoir, une hypothèse qui mérite d’être examinée à la lumière de la Constitution camerounaise.

La vacance du pouvoir au Cameroun ne peut être constatée que dans trois cas précis : décès, démission ou empêchement définitif du président en exercice. Cependant, la notion d' »empêchement définitif » n’est pas clairement définie par la loi, laissant place à des interprétations.

Il est donc impossible de conclure à une vacance du pouvoir simplement en raison d’un séjour prolongé à l’étranger. Le président pourrait même diriger le pays à distance sans enfreindre la loi, bien que cela pose des questions d’ordre moral et éthique.

Les retards dans la formation du gouvernement après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ainsi que l’absence de nomination d’un Vice-Président malgré la réintroduction récente de ce poste, pourraient expliquer la multiplication des spéculations sur le nombre de jours passés hors du Cameroun par le président depuis le 7 juin 2026.

Rappelons qu’en plus de 43 ans de pouvoir ininterrompu, Paul Biya n’a jamais signé de décret important depuis l’étranger, un fait qui renforce les interrogations.

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