À l’issue d’une session extraordinaire achevée ce samedi 20 juin à Kinshasa, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a vivement critiqué l’alliance entre les forces de l’ordre et la milice du parti au pouvoir, la Force du progrès, responsables selon elle de la répression des manifestations de l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle.
« Les rassemblements de l’opposition sont brutalement dispersés par la police nationale, épaulée par une milice politique appelée Force du progrès », a dénoncé la CENCO.
Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire exécutif de l’institution, a également relevé un bâillonnement de voix discordantes au sein même de la majorité présidentielle, où certains élus hésitent désormais à s’opposer ouvertement à la réforme.
« Nous constatons avec une profonde inquiétude une montée des tensions liées à la campagne de la majorité en faveur du changement de la Constitution du 18 février 2006. Cette campagne, qui utilise les ressources de l’État, se déroule dans un climat de peur : les voix qui divergent à l’intérieur de la majorité sont réduites au silence par crainte de représailles », peut-on lire dans sa déclaration.
Le sit-in organisé le vendredi 12 juin par la Coalition C64, visant à s’opposer à la proposition de loi référendaire du député Paul-Gaspard Ngondakoy validée par l’Assemblée nationale, avait été violemment dispersé. Plusieurs organisations de défense des droits humains, congolaises et internationales, ont alors accusé la police et la Force du progrès d’avoir agressé des leaders et manifestants de l’opposition, en utilisant des gaz lacrymogènes devant le palais du peuple à Kinshasa.
