Sébastien Lecornu en voyage diplomatique au Qatar et au Maroc : les premières sorties officielles du Premier ministre
Sébastien Lecornu, fraîchement installé à Matignon, a effectué ses premiers déplacements diplomatiques à l’étranger en tant que chef du gouvernement. Une mission marquée par deux étapes clés : le Qatar pour rendre hommage à un ancien dirigeant, puis le Maroc pour renforcer les liens bilatéraux entre Paris et Rabat.
Après dix mois passés à la tête du gouvernement sans déplacement officiel à l’étranger, Sébastien Lecornu a entamé une tournée diplomatique pour marquer son engagement sur la scène internationale. Une première pour celui qui succède à Élisabeth Borne à Matignon.
Une mission de condoléances au Qatar
C’est au Qatar que Sébastien Lecornu a posé ses valises en premier. Arrivé mardi dans ce pays du Golfe, il était accompagné de Jean-Yves Le Drian, figure expérimentée de la diplomatie française, pour présenter les condoléances de la France après le décès de l’ancien émir, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Ce dernier, qui a dirigé le Qatar de 1995 à 2013 avant d’abdiquer en faveur de son fils, avait marqué l’histoire de son pays par une modernisation sans précédent et une diplomatie audacieuse.
L’Élysée avait souligné, dans un communiqué, l’importance de ce geste : une délégation française de haut niveau était nécessaire pour témoigner de l’amitié franco-qatarienne. Les obsèques de l’ancien émir ont eu lieu dimanche soir, en présence des plus hautes autorités du pays.
Un renforcement des relations franco-marocaines à Rabat
Après cette étape qatarie, Sébastien Lecornu s’est envolé vers le Maroc. Arrivé mercredi soir à Rabat, il y a rencontré les autorités locales pour une série de discussions destinées à consolider les liens entre la France et le royaume chérifien. Une délégation ministérielle, composée d’une douzaine de membres dont Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Laurent Nuñez (Intérieur), l’accompagnait lors de ces échanges.
Cette rencontre entre Sébastien Lecornu et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, constitue une étape majeure dans les relations bilatérales. C’est la première fois depuis 2019 que les deux gouvernements se retrouvent pour un dialogue de haut niveau. L’objectif ? Poursuivre la dynamique positive qui anime depuis peu les relations franco-marocaines, après une période de tensions marquée par des crises diplomatiques et des différends politiques.
En 2024, Emmanuel Macron avait marqué un tournant en reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision qui avait suscité la colère d’Alger. Cette prise de position avait permis de relancer le dialogue entre Paris et Rabat, culminant avec une visite d’État du président français en octobre de la même année. Ce déplacement avait été couronné par la signature de plusieurs accords économiques et stratégiques.
Les discussions actuelles pourraient préparer le terrain pour une visite officielle du roi Mohammed VI en France. Une rencontre qui pourrait aboutir à la signature d’un traité d’exception, scellant ainsi un partenariat renforcé entre les deux nations.
Une diplomatie française en mouvement
Ces premiers pas à l’étranger pour Sébastien Lecornu illustrent la volonté de la France de renforcer ses alliances stratégiques, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Après des années de relations parfois tendues, Paris mise désormais sur des partenariats solides pour consolider son influence régionale.
