
Le président Bassirou Diomaye Faye a décidé d’instaurer dix jours de concertations approfondies, marquant un tournant par rapport à la traditionnelle journée du dialogue organisée annuellement le 28 mai. Cette initiative vise à engager activement diverses composantes de la société sénégalaise, telles que les organisations non gouvernementales, les partis politiques, ainsi que les figures traditionnelles et religieuses.
Cette démarche présidentielle vise à consolider une image de dirigeant résolument tourné vers l’échange et l’écoute. Le chef de l’État ambitionne de faire de la concertation un pilier fondamental de son mode de gouvernance. Ces rencontres sont également stratégiques pour répondre aux critiques des partis d’opposition, qui ont dénoncé un manque de consultation, notamment concernant la réforme de la loi électorale adoptée dans un contexte controversé, ainsi que les annonces de réformes constitutionnelles.
Adresse aux députés d’Ousmane Sonko
Presque simultanément à ces initiatives présidentielles, l’autre figure clé de l’exécutif, le Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé qu’il s’adresserait aux députés de l’Assemblée nationale. Cette intervention, qui constitue la cinquième séance de questions d’actualité inscrite au calendrier républicain, soulève des interrogations quant à sa coïncidence temporelle.
La concomitance de ces deux événements majeurs de la sphère exécutive sénégalaise interpelle les observateurs. Certains estiment qu’une meilleure coordination aurait pu être envisagée pour éviter tout potentiel télescopage. Cependant, dans le contexte politique actuel du Sénégal, caractérisé par une dynamique de « compétition d’associés rivaux » à la tête de l’État, cette programmation simultanée n’apparaît pas surprenante, chaque acteur cherchant à affirmer sa propre existence et son influence sur la scène nationale.
