Le Sénégal et la Gambie ont officialisé une avancée majeure dans la résolution de leur litige frontalier en finalisant un accord définitif sur la démarcation de leur frontière commune. Cette décision, annoncée par le Secrétariat permanent sénégalo-gambien, survient après un regain de tensions consécutif à l’incident de Bullock, qui avait mis à rude épreuve les relations entre les deux nations voisines.
Un différend né d’un incident frontalier
La source du conflit remonte au 16 juillet, lorsque des militaires sénégalais ont démantelé une portion de la clôture d’un poste militaire gambien situé près de Bullock. Banjul a qualifié cet acte de « provocateur », y voyant une atteinte à sa souveraineté. Dakar, de son côté, a justifié cette intervention en invoquant des installations empiétant sur son territoire.
Des travaux de bornage pour sécuriser les frontières
Pour éviter toute escalade des tensions, les deux pays ont convenu de relancer, dès le 15 août, les opérations conjointes de démarcation et de densification de leur frontière. Ces travaux, interrompus depuis juin en raison de contraintes logistiques, visent à installer de nouvelles bornes pour matérialiser avec précision le tracé frontalier.
Le Secrétariat permanent sénégalo-gambien précise que cette campagne s’accompagnera d’actions de sensibilisation destinées aux populations riveraines. Ces communautés, dont les activités agricoles débordent parfois sur la bande frontalière, sont souvent au cœur d’incidents répétés.
Une enquête à mener sur la position du camp de Bullock
Les opérations, dont l’achèvement est prévu pour septembre, devront également trancher la question de l’implantation du camp militaire gambien de Bullock. Dakar affirme que ce site se situe sur son territoire, une allégation que Banjul conteste.
Une relation stratégique renforcée par la diplomatie
Au-delà des aspects techniques, cet accord illustre la détermination des deux États à privilégier le dialogue bilatéral pour préserver une relation essentielle. Fondée sur des liens historiques, une interdépendance économique marquée et une collaboration sécuritaire cruciale en Afrique de l’Ouest, cette démarche témoigne de leur engagement commun en faveur de la stabilité régionale.
