Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20) a dressé un constat sans appel lors d’une rencontre organisée à Mbour, au sud de Dakar. Selon cette organisation de la société civile, la participation des citoyens de confession chrétienne à la vie politique nationale demeure encore trop effacée. Ce forum visait à encourager un leadership plus affirmé à l’approche des prochaines échéances électorales législatives, sous la présidence du ministre des Forces armées, Augustin Tine.
Un manque de leadership au sein des instances décisionnelles
Pour Emile Daly Diouf, président du MAC 20, il est impératif que les catholiques s’investissent davantage pour peser réellement dans les débats de société. Bien que minoritaire au sein du peuple africain du Sénégal, cette communauté aspire à un engagement plus massif. L’objectif n’est pas seulement d’adhérer à des partis, mais d’occuper des postes de responsabilité là où se prennent les grandes orientations du pays.
Le mouvement précise qu’il ne compte pas présenter ses propres candidats, mais plutôt apporter son soutien à des personnalités politiques partageant ses valeurs, notamment dans la perspective de l’échéance présidentielle de 2019. L’idée est d’accompagner l’émergence de leaders capables de porter une parole politique forte tout en restant en phase avec les autorités religieuses, afin de renforcer la souveraineté africaine par une citoyenneté active.
Une sous-représentation flagrante à l’Assemblée nationale
La parlementaire Hélène Tine a également pris la parole pour souligner la faible visibilité des chrétiens dans les sphères du pouvoir. En tant que citoyenne engagée, elle estime que l’isolement n’est pas une option et que la gestion des affaires publiques doit refléter la diversité de la nation. Elle rappelle que l’implication politique est un devoir pour le bien de la cité, une démarche encouragée par les autorités de l’Église.
Le constat chiffré est parlant : sur les 150 sièges que compte le parlement, seuls trois sont occupés par des députés chrétiens. Hélène Tine est d’ailleurs l’unique femme chrétienne parmi les 64 parlementaires féminines. Elle déplore que, sur les listes électorales, les candidats issus de cette communauté soient souvent placés dans des positions peu favorables à une élection. Pour elle, il est crucial que les partis politiques et la communauté elle-même fassent des efforts pour préserver et cultiver la diversité, socle de la cohésion sociale au Sénégal.
