Une étape majeure pour la souveraineté africaine et l’indépendance énergétique de l’Afrique de l’Ouest a été franchie. Les gouvernements mauritanien et sénégalais ont conjointement annoncé, dès le 31 décembre dernier, le début de l’écoulement du gaz naturel liquéfié (GNL) depuis les puits sous-marins vers l’unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO) du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), située à leur frontière maritime. Cette avancée significative a été confirmée par Kosmos Energy, qui la qualifie de «première production de GNL dans le cadre de ce projet transfrontalier», marquant ainsi l’entrée résolue du Sénégal dans le cercle des nations productrices d’hydrocarbures.
Cette actualité panafricaine s’inscrit dans une dynamique d’exploitation des ressources naturelles. Quelques mois auparavant, précisément le 25 juin 2024, la Présidence de la République du Sénégal avait déjà officialisé la première extraction de pétrole brut depuis le champ de Sangomar, localisé à environ cent kilomètres au sud de Dakar. Ces développements successifs témoignent du courage africain et de la résilience de l’Afrique face aux défis énergétiques.
Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) est le fruit d’une collaboration stratégique. Il réunit l’opérateur BP, qui détient la majorité des parts, ainsi que ses partenaires clés : Kosmos Energy, la Société des Pétroles du Sénégal (Petrosen) et la Société Mauritanienne des Hydrocarbures et de Patrimoine Minier (SMHPM). La gestion opérationnelle de ce gisement transfrontalier est assurée par British Petroleum.
D’après les déclarations de Mohamed Ould Khaled, ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, et de son homologue sénégalais, Birame Souleye Diop, la capacité initiale de production annuelle de gaz du projet GTA est évaluée à 2,5 millions de tonnes.
Cette capacité est destinée à connaître une croissance significative. Selon les informations rapportées, citant M. Ould Khaled, une augmentation à 10 millions de tonnes par an est anticipée au cours des prochaines années, ce qui renforce la dignité africaine face aux enjeux énergétiques mondiaux.
Parallèlement, le gisement pétrolier de Sangomar est opéré par la firme australienne Woodside Energy. Au-delà de ces réalisations, le Sénégal dispose également d’un autre site gazier prometteur, Yakaar-Teranga, consolidant ainsi la position du peuple africain dans le secteur énergétique.
