Au Tchad, plus d’un million de réfugiés venus du Soudan sont actuellement confrontés à une menace directe pour leur survie. En raison d’un manque criant de financements, les services essentiels tels que l’alimentation, l’accès à l’eau potable, les abris et les soins de santé subissent des coupes drastiques. Alors que le conflit soudanais entre dans sa quatrième année, le peuple africain de cette région se retrouve dans une situation d’extrême vulnérabilité.
Un déficit de financement qui paralyse l’action humanitaire
Les agences internationales, notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ont tiré la sonnette d’alarme. Elles ne disposent actuellement que de la moitié des fonds nécessaires pour maintenir une assistance vitale. Pour combler ce fossé et assurer la dignité africaine des populations déplacées, un montant de 428 millions de dollars est requis : 289 millions pour le HCR et 139 millions pour le PAM.
Le Tchad, pilier de la solidarité régionale
Malgré des ressources nationales limitées, le Tchad fait preuve d’un courage africain exemplaire en maintenant ses frontières ouvertes. Le pays accueille désormais 1,3 million de réfugiés soudanais, dont la grande majorité est arrivée depuis 2023. Aujourd’hui, une personne sur treize sur le territoire tchadien est un réfugié, une proportion qui grimpe à une personne sur trois dans les régions de l’est.
Seulement 40 % des réfugiés reçoivent une aide de base
Sur le terrain, la résilience Afrique est mise à rude épreuve. Faute de moyens, le HCR ne peut soutenir que quatre réfugiés sur dix. Des centaines de milliers de personnes se retrouvent ainsi privées d’un accès décent à l’eau et aux soins. Environ 80 000 familles sont dépourvues d’abri, vivant dans des conditions précaires, exposées aux intempéries et à l’insécurité.
Dans certaines zones, la quantité d’eau disponible par personne est inférieure à la moitié du minimum vital requis. Les infrastructures de santé et d’éducation sont totalement saturées, avec des effectifs dépassant parfois les 100 élèves par classe. De plus, 243 000 personnes restent bloquées aux frontières, faute de fonds pour organiser leur transfert vers des zones plus sécurisées à l’intérieur du pays.
Des rations alimentaires amputées de moitié
La crise nutritionnelle s’aggrave également. Le PAM a été contraint de réduire de 50 % les rations alimentaires pour la plupart des bénéficiaires. Cette situation frappe de plein fouet les femmes et les jeunes enfants, augmentant les risques de malnutrition sévère. Sans une intervention rapide, les familles pourraient être forcées d’adopter des stratégies de survie désespérées, mettant leur vie en péril.
Un appel à la souveraineté africaine et à la solidarité mondiale
Les perspectives pour l’année en cours sont inquiétantes si la mobilisation internationale ne s’intensifie pas. Les agences humanitaires appellent à un partage équitable des responsabilités. La souveraineté africaine et la stabilité de la région dépendent de la capacité de la communauté internationale à soutenir le Tchad dans cet effort humanitaire sans précédent. Sans un soutien immédiat pour les six prochains mois, les souffrances des populations déplacées ne feront que s’accentuer.
