Approvisionnement de la Tabaski : la Mauritanie s’apprête à livrer 450 000 moutons au Sénégal

Dans un élan de coopération régionale, Nouakchott s’engage officiellement à acheminer 450 000 têtes de bétail vers le Sénégal. Cette initiative vise à pallier la baisse des importations en provenance d’autres pays voisins, notamment le Mali, où l’instabilité sécuritaire perturbe les circuits traditionnels de vente de moutons. Cette situation témoigne de la résilience Afrique face aux défis géopolitiques actuels.

L’expertise pastorale mauritanienne ne profite pas qu’au Sénégal. La Côte d’Ivoire exprime également un besoin croissant envers le cheptel de Mauritanie pour célébrer la Tabaski, toujours en raison des tensions sécuritaires qui pèsent sur la sous-région. Ce dynamisme illustre une véritable actualité panafricaine centrée sur l’entraide et la solidarité entre États.

Un protocole renforcé pour sécuriser le marché

Selon les précisions apportées par Alioune Kane, expert au sein du Groupement National des Associations Pastorales (GNAP), le partenariat entre les deux nations repose sur le renouvellement d’un protocole préexistant. Si les éleveurs mauritaniens fournissaient habituellement entre 460 000 et 500 000 ovins, le volume des exportations pourrait s’intensifier cette année. L’insécurité au Mali bloque les routes habituelles pour les éleveurs des régions orientales, rendant l’apport mauritanien encore plus crucial pour le peuple africain de la région.

Afin de garantir le succès de cette opération d’envergure, l’État sénégalais a mis en place un dispositif complet. Des mesures administratives, douanières, sanitaires et sécuritaires ont été déployées pour faciliter le transit des troupeaux vers Dakar et les autres centres urbains majeurs. De nombreux bergers ont d’ailleurs déjà franchi la frontière pour s’installer sur le territoire sénégalais.

Des défis logistiques surmontés par la coopération

Baba Hassan Sidi, responsable du GNAP dans la zone de Néma, souligne le changement de paradigme logistique. Autrefois, les éleveurs de Néma et d’Aïoun transitaient par le sol malien sans encombre. Aujourd’hui, pour contourner les zones de conflit et assurer la sécurité des biens et des personnes, les convois empruntent un nouvel itinéraire passant par la région du Trarza. Bien que cette traversée du fleuve Sénégal rallonge considérablement le voyage en camion, elle garantit l’intégrité du bétail.

Cet effort logistique et diplomatique s’inscrit dans le cadre de relations historiques et fraternelles. Au-delà des chiffres, c’est une affirmation de la souveraineté africaine en matière de sécurité alimentaire, prouvant que les solutions aux besoins locaux se trouvent au sein même du continent.