À l’école primaire Alieu Samb, dans le quartier de Ngor à Dakar, une trentaine d’élèves de CM2 écoutent avec émerveillement l’enregistrement d’une baleine à bosse capté au large de Ouakam. Cette séance, organisée par l’association Gestu, vise à sensibiliser les jeunes à la protection de la biodiversité via le langage des cétacés.
Olivier Adam, professeur à la Sorbonne et spécialiste des sons des cétacés, explique aux enfants que les baleines à bosse viennent mettre bas à Dakar et que leurs petits sont « dakarois ». Il insiste sur l’importance de faire comprendre que ces animaux ont un langage structuré : « J’ai été le premier surpris en constatant que leurs sons étaient intentionnels. Il est crucial que les enfants sachent cela pour mieux comprendre l’océan et ses habitants. »
Les élèves, curieux, posent des questions sur le nombre d’estomacs des baleines, les différentes espèces, leur reproduction ou leur alimentation. Fanta, 12 ans, confie avoir été impressionnée par « leur chanson et leur façon de parler ».
Thierry, l’enseignant de la classe, souligne l’importance de cet apprentissage : « Sans ces connaissances, on ignore que la baleine n’a qu’un petit par mise bas. C’est une espèce fragile qui peut disparaître si on ne la protège pas. »
Babacar Sy, chasseur sous-marin depuis plus de 30 ans et à l’origine des enregistrements, alerte sur l’état des océans. Il pêche chaque jour moins de poissons et s’inquiète : « L’année dernière, je n’ai pêché que cinq thiofs. Si cela continue, nos enfants ne sauront même pas ce qu’est un thiof. Il est temps que les gens se réveillent. »
L’association Gestu prévoit d’autres ateliers dans deux écoles de Dakar, accompagnés de journées de nettoyage, pour contribuer à un changement des mentalités.
