Boko haram en déroute sur le lac Tchad après des frappes régionales

Boko Haram en déroute sur le lac Tchad après des frappes régionales

Les combattants du groupe jihadiste Boko Haram ont abandonné plusieurs de leurs bastions situés sur les îles du lac Tchad à la suite d’une série d’opérations militaires conjointes menées par les armées du Tchad, du Nigeria et du Niger. Selon des témoignages locaux et une source sécuritaire nigériane, les frappes aériennes et terrestres ont contraint les jihadistes à évacuer rapidement leurs positions.

Boko Haram en déroute sur le lac Tchad après des frappes régionales

Des cibles jihadistes détruites dans les zones marécageuses

Depuis le début de la semaine, l’armée tchadienne a intensifié ses frappes contre les positions de Boko Haram situées sur des îles isolées du lac Tchad, une région marécageuse partagée entre le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun. Plusieurs sources locales confirment que les jihadistes ont quitté précipitamment des îles comme Dogon Chukwu, Kangarwa ou encore Gashakar à bord d’embarcations de fortune, accompagnés de leurs familles. Des affrontements ont également été signalés sur l’île de Kaukeri, considérée comme l’un des principaux repères du groupe dans la région.

Des victimes civiles dans les bombardements

Les opérations militaires n’ont pas épargné les populations locales. Des dizaines de pêcheurs nigérians travaillant sur des îles sous contrôle jihadiste auraient péri lors des frappes. Des vidéos, analysées par nos équipes, montrent des blessés graves pris en charge dans un hôpital de Bosso, au Niger. Dans cette zone, de nombreux pêcheurs continuent de travailler sous la contrainte, devant s’acquitter de taxes imposées par Boko Haram pour accéder aux zones de pêche.

Une réponse militaire après des attaques meurtrières

Ces opérations surviennent dans un contexte de tensions accrues. La semaine dernière, le Tchad avait décrété trois jours de deuil national à la suite du décès de deux généraux dans une embuscade tendue par les jihadistes. Quelques jours plus tôt, une attaque contre une base militaire tchadienne, située sur les rives du lac, avait fait au moins 24 morts parmi les soldats. Selon une source du renseignement nigérian, les frappes aériennes sont coordonnées entre les trois pays, chacun mobilisant deux avions de combat pour maximiser l’impact.

Une région toujours sous haute tension

L’insurrection menée par Boko Haram et sa faction rivale, l’Islamic State West Africa Province, a causé la mort de milliers de personnes et déplacé des millions d’habitants dans le bassin du lac Tchad depuis 2009. Face à l’expansion des violences dans les pays voisins, les États de la région ont renforcé leur collaboration en réactivant la force multinationale mixte, afin de mieux contrer la menace jihadiste.