Dans un entretien accordé à notre rédaction, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon en Tunisie, Pierre Ntsiet Ngolo, a précisé les grandes lignes de son action diplomatique. Nommé en mars 2024 et ayant remis ses lettres de créance au président tunisien Kaïs Saïed le 6 novembre 2025, ce diplomate chevronné s’engage résolument à renforcer les liens d’amitié et de coopération entre Libreville et Tunis, tout en assurant la protection et le bien-être de la communauté gabonaise établie en Tunisie.
Dès sa prise de fonctions, l’une des premières mesures des nouvelles autorités consulaires gabonaises à Tunis a été de susciter une dynamique de cohésion associative. Inspirée par les organisations des autres diasporas gabonaises à travers le monde, cette initiative a abouti à la création de deux cadres de concertation et de solidarité.

Le premier, appelé « Conseil des Gabonais de Tunisie » (C.G.T.), regroupe l’ensemble des quelque mille citoyens gabonais vivant dans le pays – étudiants, stagiaires, professionnels, résidents mariés – autour des valeurs d’entraide, d’équité et de fraternité. Le second, essentiellement composé d’étudiants et de stagiaires, a été baptisé « Association des étudiants et stagiaires gabonais en Tunisie » (A.E.S.G.T.).
« L’unité et la cohésion de la communauté sont désormais un fait tangible. Cela a été particulièrement visible lors de la première édition des Journées Culturelles du Gabon, organisées les 24 et 25 avril derniers, qui ont montré la capacité de notre communauté à se rassembler autour de la solidarité et de la fraternité », se réjouit l’ambassadeur Pierre Ntsiet Ngolo.
Consolider les acquis
Un des principaux axes de la relation bilatérale entre le Gabon et la Tunisie concerne la coopération académique. Elle se manifeste par la présence d’un grand nombre d’étudiants et de stagiaires gabonais dans les diverses universités tunisiennes, dans un environnement où le besoin d’accompagnement est crucial pour ces jeunes, souvent confrontés à une politique d’immigration stricte.
Dans ce contexte marqué par les défis migratoires, certains étudiants rencontrent des difficultés administratives, notamment pour le renouvellement de leurs titres de séjour, souvent en raison de retards de paiement des frais de scolarité. « Je profite de cette tribune pour lancer un appel aux familles et à l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) afin qu’elles prennent des dispositions rapides pour alléger les difficultés de nos jeunes compatriotes confrontés à la rigueur de la réglementation tunisienne en matière d’immigration », a plaidé le diplomate.
La coopération sanitaire figure également parmi les priorités, grâce à une convention liant la Caisse nationale d’assurance maladie du Gabon (CNAMGS) à des opérateurs tunisiens spécialisés dans les évacuations sanitaires, profitant de la qualité du plateau technique et de l’expertise médicale tunisienne. « Notre responsabilité est de consolider ces acquis et de développer de nouveaux partenariats capables de soutenir les ambitions de développement de nos deux pays. Il s’agit de renforcer le dialogue avec nos partenaires institutionnels et d’orienter nos actions vers la diplomatie économique, tout en explorant des axes mutuellement bénéfiques, fondés sur les expertises et potentialités des deux nations, à exploiter dans le cadre d’un codéveloppement », explique Pierre Ntsiet Ngolo.
Cœur de cible

« Tous ces acteurs économiques de référence s’inscrivent dans une vision panafricaine durable, avec des perspectives de prospérité partagée. L’organisation de missions économiques menées par des opérateurs tunisiens est un signal encourageant ; leurs retombées devraient se concrétiser par la signature de conventions d’investissement et de partenariats », promet l’ambassadeur du Gabon en Tunisie.
Pierre Ntsiet Ngolo tire une grande fierté d’avoir, dès sa prise de fonctions, mis en place des mécanismes d’assistance consulaire au profit des ressortissants gabonais résidant en Tunisie. « Ce message d’appel à l’unité a été positivement accueilli par une communauté qui se sentait abandonnée depuis longtemps », conclut-il.
