Gabon et Union européenne : comment un accord de pêche équitable peut-il redessiner l’avenir économique du pays ?

Pourquoi le Gabon mise-t-il sur un partenariat halieutique renouvelé avec l’UE ?

Alors que l’ancien accord de pêche entre le Gabon et l’Union européenne arrive à échéance, Libreville engage une refonte stratégique de sa coopération avec Bruxelles. Le gouvernement gabonais a donné son feu vert à l’ouverture de négociations pour un nouvel Accord de partenariat de pêche durable (APPD), avec un objectif clair : concilier souveraineté nationale, exploitation responsable des ressources et équilibre économique. Cette initiative, pilotée par le ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, s’inscrit dans une volonté de renforcer la résilience du secteur halieutique et de lutter contre les pratiques illégales.

Un bilan critique de l’accord précédent : où le Gabon a-t-il perdu ?

Le protocole signé en 2021, arrivé à terme en juin 2026, autorisait jusqu’à 33 navires européens à exploiter les thonidés dans les eaux gabonaises. En échange, l’UE versait une compensation annuelle de 1,6 million d’euros, complétée par les contributions des armateurs. Pourtant, le Gabon avait dénoncé ce cadre, jugé déséquilibré : faible valorisation locale des captures, manque de retombées économiques pour les communautés côtières et absence de garanties sur la durabilité des pratiques. Une analyse qui a poussé Libreville à exiger un accord « de nouvelle génération », aligné sur ses priorités stratégiques.

Quels sont les leviers d’un partenariat gagnant-gagnant ?

Les discussions à venir devront répondre à plusieurs enjeux majeurs pour le Gabon :

  • Souveraineté halieutique renforcée : contrôle accru sur les quotas de pêche et les zones d’exploitation pour préserver les stocks et les écosystèmes.
  • Valorisation locale des ressources : obligation pour les navires européens de débarquer une partie de leurs prises dans les ports gabonais, favorisant ainsi l’industrie locale et la création d’emplois.
  • Lutte contre la pêche INN : renforcement des mécanismes de surveillance et de traçabilité pour éradiquer les activités illégales, non déclarées ou non réglementées.
  • Financement innovant : révision des compensations financières pour inclure des investissements dans la modernisation des infrastructures portuaires et la formation des pêcheurs locaux.

Vers une économie bleue durable : les ambitions du Gabon

Le ministre Aimé Martial Massamba a placé la transition vers une économie bleue au cœur de sa feuille de route. L’objectif ? Transformer le secteur halieutique en un pilier de développement, en misant sur l’innovation, la transparence et la collaboration avec les partenaires internationaux. Cette vision s’appuie sur des données scientifiques solides et une gestion rigoureuse des ressources, pour garantir leur pérennité tout en maximisant les retombées socio-économiques.

Le Gabon mise ainsi sur un modèle où la pêche devient un levier de croissance inclusive, où chaque partie prenante – des pêcheurs aux industriels en passant par les communautés côtières – bénéficie équitablement des retombées. Une approche qui pourrait servir d’exemple en Afrique centrale.

Dialogue et négociation : une fenêtre d’opportunité à saisir

Les échanges préliminaires entre Libreville et Bruxelles ont révélé une volonté commune de tourner la page des tensions passées. L’Union européenne, consciente des attentes gabonaises, a exprimé sa disposition à négocier un accord « équilibré et mutuellement bénéfique ». Cette ouverture offre une chance unique de bâtir un partenariat durable, fondé sur le respect mutuel et la recherche de solutions communes.

Alors que les rounds de discussion s’annoncent serrés, l’enjeu est de taille : façonner un avenir où la pêche gabonaise ne se contente pas de survivre, mais rayonne comme un secteur stratégique, innovant et respectueux de l’environnement.

Cécile Abadie, Ambassadrice de l'UE au Gabon

Comme l’a souligné Cécile Abadie, ambassadrice de l’UE au Gabon : « La confrontation n’a jamais été une option. Ce qui compte, c’est d’avancer ensemble, avec pragmatisme et détermination, pour construire un accord qui serve les intérêts des deux parties. » Une déclaration qui résume l’esprit des négociations à venir : un partenariat où la durabilité et l’équité priment sur les compromis à court terme.

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Sécurité régionale et Politique

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