La capitale marocaine, Rabat, a été le théâtre d’un rapprochement diplomatique significatif ce jeudi 16 juillet, lors de la visite du Premier ministre français, Sébastien Lecornu. Les discussions avec les représentants marocains ont mis en lumière une volonté mutuelle de renforcer les liens, axée sur la coopération sécuritaire, les investissements stratégiques et l’ébauche d’un futur traité bilatéral. Néanmoins, les récentes allégations concernant le logiciel espion Pegasus ont plané sur ces échanges, bien que délibérément laissées de côté.
Un partenariat relancé
La France et le Maroc ont entamé un nouveau chapitre de leur relation bilatérale, marqué par la visite du Premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat. Face à son homologue, Aziz Akhannouch, M. Lecornu a souligné un bilan « exceptionnellement positif » et un « moment charnière » pour les deux nations. Ce regain de confiance s’inscrit dans la continuité de la reconnaissance par Emmanuel Macron, en 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision clé qui a apaisé plusieurs années de tensions diplomatiques entre Paris et Rabat.
Sécurité, défis africains et grands projets
Les gouvernements français et marocain ont exprimé leur désir d’intensifier leur coopération dans des domaines cruciaux, notamment la sécurité, la lutte contre le terrorisme et la répression du narcotrafic. Paris a également manifesté son intention de renforcer son partenariat avec Rabat sur les questions africaines, en particulier face à la menace jihadiste au Sahel. Cette rencontre de haut niveau a abouti à la signature d’une douzaine d’accords. Ceux-ci couvrent des projets variés, allant de l’interconnexion électrique entre les deux pays à des financements de l’Agence française de développement pour des initiatives liées à l’eau, sans oublier une future ligne de RER pour l’agglomération de Rabat. Sébastien Lecornu a par ailleurs évoqué la préparation d’un traité bilatéral « hors normes », dont la signature pourrait intervenir lors d’une prochaine visite en France du roi Mohammed VI, un projet actuellement à l’étude.
Pegasus en toile de fond
Cette visite d’État s’est déroulée dans un contexte délicat, marqué par de nouvelles révélations émanant d’un consortium de médias internationaux. Ces informations mettent en lumière l’utilisation présumée du logiciel espion Pegasus par le Maroc, ainsi que l’intérêt supposé de la France pour cet outil. Officiellement, aucune déclaration n’a été faite par les autorités françaises concernant ces allégations. Au sein de la délégation française, le sujet a été minimisé, l’entourage du président Emmanuel Macron insistant sur la priorité de « renforcer le cadre de coopération et de confiance » avec Rabat. De son côté, le Maroc maintient sa position, rejetant ces accusations qu’il qualifie d’« allégations mensongères et infondées ».
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