Sénégal : Bassirou Diomaye Faye appelle à la cohésion face aux divisions politiques

Dans un climat politique particulièrement tendu au Sénégal, le chef de l’État a pris la parole lors d’une cérémonie solennelle. Ce jeudi 4 juin, à l’occasion d’un hommage national rendu à l’ancien président Abdoulaye Wade pour son centenaire, Bassirou Diomaye Faye a délivré un message empreint de sagesse, visant indirectement les frictions persistantes avec son ex-Premier ministre, Ousmane Sonko.

« La démocratie n’est pas un butin que l’on arrache et que l’on garde jalousement », a martelé le président sénégalais. Pour lui, ce système politique s’apparente plutôt à « une flamme que l’on se passe de main en main et qu’il ne faut jamais laisser s’éteindre ». Par ces mots, il souligne l’importance de la continuité de l’État et de la souveraineté africaine face aux ambitions personnelles.

Cette intervention survient peu de temps après que Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko, le 22 mai dernier. Cette rupture marque la fin d’une alliance historique entre les deux hommes, désormais séparés par des visions divergentes sur la gestion du pouvoir.

De son côté, Ousmane Sonko, qui préside l’Assemblée nationale depuis le 26 mai, a récemment affirmé se trouver dans une dynamique de cohabitation. Il a publiquement invité le président à « redescendre de son piédestal » pour engager un dialogue, estimant que l’exécutif ne détient pas l’intégralité des pouvoirs décisionnels.

L’adversaire politique n’est pas un ennemi de la nation

Devant une assemblée réunie au Grand Théâtre de Dakar, le président Faye a rappelé les enseignements tirés du parcours d’Abdoulaye Wade, figure emblématique de la dignité africaine. Il a insisté sur le fait qu’aucune dispute, aussi intense soit-elle, ne devrait conduire à la fragmentation du pays. « Servir sa jeunesse vaudra toujours mieux que de se servir d’elle », a-t-il ajouté, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Le chef de l’État a prôné une vision apaisée de la politique, où l’opposition n’est pas synonyme de haine. Selon lui, l’adversaire est avant tout un compatriote qui porte un regard différent sur l’avenir du Sénégal. Cette résilience Afrique passe par la capacité à cohabiter en paix dans la même maison nationale une fois les joutes électorales terminées.

En saluant la persévérance d’Abdoulaye Wade, Bassirou Diomaye Faye a conclu en invitant le peuple africain à ne jamais céder à l’acrimonie. Ce discours résonne comme un appel au calme et à la raison dans une période où l’actualité panafricaine observe de près l’évolution de la stabilité institutionnelle sénégalaise.