Mahamat Idriss Deby Itno soutient son ministre face à la colère des magistrats

Le chef de l’État, Mahamat Idriss Deby Itno, a officiellement réagi à la plainte déposée par les magistrats contre le ministre de la Sécurité publique. Ce dernier est accusé d’avoir tenu des propos insultants envers le corps judiciaire, mais le président a choisi de se ranger aux côtés de son ministre.

La liberté d’expression au cœur du débat

Pour Mahamat Idriss Deby Itno, la démocratie implique que chaque citoyen, quel que soit son rang, puisse s’exprimer librement dans le respect de la loi. Il estime que le refus de la critique par des magistrats en fonction pourrait nuire aux fondements de la société. C’est d’ailleurs dans cette optique de transparence que le président rappelle avoir pris des mesures pour ne plus diriger le Conseil supérieur de la magistrature.

Le président apporte un soutien explicite à son collaborateur en précisant que le ministre de la Sécurité n’a pas attaqué l’institution judiciaire dans son ensemble, ni l’intégralité des magistrats. Il s’agit, selon lui, d’une nuance fondamentale à souligner dans ce conflit qui agite l’opinion publique.

Entre syndicalisme et éthique professionnelle

Bien que le président reconnaisse le rôle essentiel du syndicalisme dans un système démocratique, il met en garde contre certaines dérives. Selon lui, la protection d’un groupe ou d’un individu ne doit jamais servir de couverture à des actes contraires à la morale ou aux principes de justice. La souveraineté africaine et la dignité africaine passent par une administration intègre et une remise en question permanente des pratiques institutionnelles.

L’origine de cette tension remonte à une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux. On y voit le ministre de la Sécurité publique s’en prendre vivement à certaines décisions de justice qu’il juge complices de pratiques frauduleuses. Il y affirmait notamment sa détermination à rejeter les documents judiciaires qu’il considère comme des « fausses ordonnances », estimant qu’elles encouragent l’illégalité.