Santé universelle au Mali : priorité absolue des citoyens

Le Mali affiche des avancées notables en matière d’indicateurs sanitaires ces dernières années, avec une baisse significative de la mortalité infantile, de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, de la mortalité maternelle ainsi qu’une hausse de l’espérance de vie. Ces progrès s’appuient sur des données confirmées par des institutions comme l’Organisation Mondiale de la Santé et l’UNICEF. Dès 2018, le pays a lancé une initiative ambitieuse visant à instaurer une couverture maladie universelle, mais des obstacles persistent.

L’accès à des soins de qualité reste un défi majeur pour les Maliens, notamment en raison d’un manque criant de personnel médical formé et d’un financement insuffisant des infrastructures. Ces difficultés sont aggravées par une instabilité politique persistante. Les disparités territoriales accentuent ce problème : plus de la moitié des médecins exercent dans la seule ville de Bamako, laissant les zones rurales largement sous-équipées.

Selon l’Indice de couverture des services de santé universelle de l’OMS (2024), le Mali obtient un score de 41/100, bien en dessous des moyennes africaine (44) et mondiale (68). Ces chiffres illustrent l’ampleur du chemin restant à parcourir pour atteindre les objectifs fixés.

Les résultats de l’enquête Afrobarometer Round 10, spécialement dédiée à la santé, révèlent que les citoyens maliens placent la santé au sommet de leurs priorités gouvernementales. Seulement un adulte sur sept bénéficie d’une couverture médicale, et une majorité craint de ne pouvoir accéder à des soins abordables. Les enquêtés estiment que l’État doit garantir un accès universel aux soins, même au prix d’une augmentation des impôts.

Les retours d’expérience des usagers de cliniques ou hôpitaux publics, recueillis lors de l’enquête, sont contrastés. Si beaucoup ont pu obtenir les soins nécessaires, d’autres ont rencontré des obstacles majeurs : coûts prohibitifs, délais d’attente excessifs ou ruptures de stocks de médicaments et de matériel. Près de la moitié des Maliens déclarent qu’un membre de leur famille n’a pas pu bénéficier des soins requis au cours de l’année écoulée.

Malgré ces constats, une majorité de citoyens (deux tiers) soutiennent les efforts du gouvernement pour améliorer les soins de base et expriment leur confiance envers le Ministère de la Santé.