À Dakar, la décision présidentielle de mettre fin aux fonctions d’Ousmane Sonko, Premier ministre, a ravivé les discussions politiques. Après des mois de tensions palpables au sein de l’exécutif sénégalais, le communiqué officialisant ce départ a laissé les citoyens de la capitale oscillant entre un sentiment de fatalité et une forme de désillusion face à cette actualité panafricaine.
Pour Ibrahima Dione, un habitant de Dakar et fervent soutien d’Ousmane Sonko, cette issue était prévisible. « C’est un soulagement. Nous, les partisans d’Ousmane Sonko, nous nous y attendions. Sonko a réalisé des prouesses inégalées par aucun autre ministre dans l’histoire du Sénégal. Notre fierté à ses côtés n’en est que renforcée. Quant au président Bassirou Diomaye Faye, son attitude a manqué de maturité », a-t-il affirmé.
Le leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), écarté de ses fonctions avec l’ensemble de son cabinet, s’est contenté d’une réaction succincte sur les réseaux sociaux. Une discrétion qui ne parvient toutefois pas à dissimuler l’ampleur de la crise politique qui secoue les plus hautes sphères du pouvoir.

Modou Diaw, un autre citadin de Dakar, a exprimé son étonnement et son inquiétude. « Cette destitution est déstabilisante. La nouvelle m’a pris par surprise, l’annonce fut si soudaine. Ce n’est pas bénéfique pour le Sénégal. Notre pays aspire à des opportunités d’emploi, pas à des querelles politiques incessantes », a-t-il déploré.
Bassirou Diomaye Faye doit son accession à la présidence à l’immense popularité d’Ousmane Sonko, qui avait galvanisé la jeunesse sénégalaise. Cependant, des observateurs avisés soulignent que les déclarations parfois polémiques de l’ancien Premier ministre auraient progressivement irrité le chef de l’État.
Selon Thierno Sow, également résident de Dakar, cette décision était attendue par une partie de la population sénégalaise. « Nombreux sont ceux qui prévoyaient cette issue. C’est au président qu’il revient de nommer et de révoquer. C’est sa prérogative. Si cette mesure est prise dans l’intérêt supérieur du pays, alors elle est justifiée », a-t-il affirmé.
Le PASTEF, formation politique d’Ousmane Sonko, avait triomphé avec une large majorité au premier tour des élections de mars 2024, porté par la promesse d’une transformation politique radicale et d’une lutte acharnée contre la mauvaise gouvernance. Ce succès incarnait l’espoir d’une nouvelle ère pour le peuple africain du Sénégal, aspirant à une plus grande souveraineté africaine.
